Le terme « horreur élevée » divise, mais il domine désormais le genre. Chaque semaine, un nouveau film explore une problématique sociale en faisant de son monstre central une extension de cette injustice ou une manifestation des traumatismes qu’elle engendre. Pourtant, John Valley, réalisateur et scénariste, a choisi une voie différente pour son dernier projet, American Dollhouse, présenté en première mondiale au festival SXSW.

« Je m’inspire d’une lignée de films d’horreur, en commençant par Psychose, Peeping Tom ou Black Christmas », explique-t-il à Den of Geek. « Je suis fasciné par la manière dont un slasher peut rester minimaliste tout en devenant un vecteur d’idées modernes. J’ai respecté les codes et les tropes du genre, en insistant sur le fait que nous réalisions un film de slasher pur, mais en y injectant une touche de nouveauté. »

Une héroïne piégée dans son passé familial

American Dollhouse suit Sarah, interprétée par Hailley Lauren, une femme en quête de renouveau après avoir hérité de la maison familiale. Son retour aux racines de son enfance bascule lorsqu’elle est confrontée à sa voisine, Sandy (jouée par Kelsey Pribilski

Le choix d’un cadre familial permet à Valley d’approfondir son slasher tout en le maintenant ancré dans le réel. « L’aspect familial est ce qui rend le film personnel, car nous nous inspirons de nos propres vies », confie-t-il. « Chacun d’entre nous a une famille, d’une manière ou d’une autre. Cela se répercute sur l’ensemble du film, car nous participons tous, d’une façon ou d’une autre, à cette société polie. »

Une critique des normes sociales et familiales

« Il y a cette paranoïa et cette agressivité ambiantes, dans un monde en crise. J’ai trouvé un lien intéressant dans la dualité familiale. La famille nous définit, mais nous essayons tous de réécrire notre passé. En même temps, la société cherche à nous normaliser, alors qu’autour de nous, le chaos règne, avec ses mensonges et ses hypocrisies », analyse Valley. « C’est ce que représente Sandy pour moi : une voisine parfaite en apparence, mais qui cache des secrets bien sombres. »

Sandy, une voisine à l’âme d’enfant traumatisé

La révélation des sombres secrets de Sandy plonge Sarah dans une situation périlleuse, mais offre à Pribilski l’opportunité de briller dans un rôle complexe. « Au début, mon travail sur Sandy consistait à définir sa physicalité, car je savais que ce serait essentiel », explique l’actrice. « Pour moi, Sandy est la matérialisation du traumatisme de Sarah. Ce traumatisme remonte à l’enfance, donc Sandy est une personne intellectuellement et émotionnellement jeune. »

Pribilski a donc étudié le comportement d’un enfant de huit ans : « Les enfants sont plus animés, car les adultes ont appris à contenir leurs réactions pour être socialement acceptables. Il fallait savoir quand basculer dans l’excès, et John me disait : « Tu es comme un grizzly ! » Nous avons soigneusement choisi les moments où je pouvais me laisser aller à cette énergie sauvage. »

« La famille est ce qui nous définit, mais nous passons notre vie à essayer de réécrire notre passé. Pendant ce temps, la société cherche à nous normaliser, malgré le chaos qui nous entoure. » — John Valley, réalisateur
Source : Den of Geek