Une rémission, mais des factures sans fin
Marielle Santos McLeod, 45 ans, a été déclarée en rémission du cancer du côlon en 2020. Pourtant, les factures continuent d’affluer. Après un diagnostic en 2017, elle a dû régler des frais de chimiothérapie et assume désormais des coûts élevés pour les soins de suivi, comme des consultations chez un pneumologue et un allergologue. En seulement deux mois de 2024, elle a déjà dépensé 2 500 dollars et doit encore 1 300 dollars pour une coloscopie effectuée en janvier. À cela s’ajoute une prime mensuelle de 895 dollars pour une assurance couvrant sa famille de six personnes.
Ces dépenses l’ont contrainte à reporter certains soins. Malgré des douleurs thoraciques intenses depuis février, elle reporte une IRM et une consultation chez un cardiologue.
« On est obligés de faire des choix, de prioriser ce qui est vraiment essentiel. »McLeod, directrice de programmes stratégiques au sein du Cancer Hope Network, une association d’aide aux patients atteints de cancer, sait de quoi elle parle : même dans son rôle, elle peine à gérer les conséquences financières de sa maladie.
Des dettes médicales qui persistent après la guérison
Marielle Santos McLeod fait partie des près de 19 millions de survivants du cancer aux États-Unis. Beaucoup d’entre eux ont besoin de médicaments, de consultations et d’examens pour surveiller leur état ou gérer les effets secondaires des traitements. Selon une enquête de l’American Cancer Society Cancer Action Network menée en 2024, 47 % des 1 200 patients et survivants interrogés ont contracté une dette médicale, et près de la moitié d’entre eux devaient plus de 5 000 dollars.
Les propositions de l’administration Trump, une solution insuffisante ?
Les défenseurs des patients et les chercheurs en politiques de santé estiment que les mesures proposées par l’administration Trump pour réduire les primes d’assurance ne répondent pas aux besoins des survivants du cancer. Ces propositions misent sur l’augmentation des plans à franchise élevée, qui offrent des mensualités moins chères mais obligent les patients à payer des milliers de dollars de leur poche avant que l’assurance ne couvre les soins. De plus, l’administration soutient l’assouplissement des règles pour permettre aux assureurs de vendre des contrats non conformes à l’Obamacare.
Ces nouveaux contrats pourraient exclure les personnes ayant des antécédents médicaux, comme un cancer, et supprimer des garanties essentielles obligatoires dans les plans de l’ACA (Affordable Care Act). L’administration n’a pas répondu à une demande de commentaire sur l’impact de ces propositions sur les survivants du cancer. Ses partisans affirment, en revanche, que les patients bénéficieraient d’une plus grande flexibilité et pourraient choisir des couvertures mieux adaptées à leurs besoins, avec des mensualités réduites.
Michael Cannon, directeur des études de politique de santé à l’Institut Cato, un groupe de réflexion libertarien, défend cette approche :
« Les patients auraient un meilleur contrôle sur leurs dépenses et pourraient choisir quels soins sont couverts. »
Un système qui laisse les survivants sans solution
Pourtant, les survivants comme McLeod craignent que ces mesures ne fassent qu’aggraver leur situation financière. Les plans à franchise élevée et les contrats non conformes à l’ACA pourraient les priver de protections essentielles, comme la couverture des traitements contre le cancer ou des soins de suivi. Sans une réforme plus profonde du système de santé, des milliers de survivants continueront de payer le prix de leur guérison, bien après que la maladie ait été vaincue.