Washington, D.C. — Le Congrès américain traverse sa plus grande crise depuis le mouvement #MeToo après une série d'affaires de harcèlement et d'agressions sexuelles impliquant des élus. Ces révélations mettent en lumière une culture de l'impunité persistante malgré les réformes de 2014.

Un républicain de la Chambre des représentants a confié à Axios :

"C'est de la merde totale. On a des types qui couchent avec leurs collaboratrices et rien ne se passe. Tout le monde sait ce qui se trame."

Les affaires qui secouent le Congrès

L'intensification des enquêtes fait suite aux démissions de deux représentants : Tony Gonzales (R-Texas) et Eric Swalwell (D-Californie), tous deux accusés de conduite inappropriée. Swalwell est également visé par des allégations d'agression sexuelle, qu'il dément. Gonzales, lui, a reconnu une relation avec une collaboratrice qui s'est suicidée par la suite.

L'affaire Gonzales a pris une nouvelle dimension lorsque le comité d'éthique a perdu sa juridiction après sa démission, empêchant toute sanction formelle. Les deux élus risquaient une expulsion immédiate.

Par ailleurs, Axios a révélé cette semaine que le représentant Chuck Edwards (R-Caroline du Nord) aurait accordé une attention inappropriée à deux jeunes collaboratrices, selon des sources internes. Une autre élue républicaine, Anna Paulina Luna (R-Floride), a déclaré à Politico :

"Tout membre du Congrès ayant une relation inappropriée avec un collaborateur doit partir."

Un autre républicain de la Chambre a estimé que Edwards devrait soit démissionner, soit être expulsé. Ce dernier a qualifié les allégations de "n'importe quoi" dans une interview accordée à The Assembly, sans répondre directement aux accusations spécifiques rapportées par Axios.

L'émergence d'une nouvelle voix : les femmes républicaines

Le débat sur la responsabilité et la lutte contre les abus sexuels s'intensifie au Congrès, dans un contexte marqué par la publication des dossiers du gouvernement sur Jeffrey Epstein. Cette avancée a été rendue possible grâce à un groupe de femmes républicaines, dont la représentante Thomas Massie (R-Kentucky), malgré l'opposition de Donald Trump.

Les appels à une plus grande responsabilité viennent désormais en grande partie des femmes républicaines au Congrès. Des élues comme Anna Paulina Luna, Nancy Mace (R-Caroline du Sud) et Lauren Boebert (R-Colorado) se distinguent par leur fermeté à dénoncer les comportements inappropriés et à exiger des sanctions contre les élus accusés.

Nancy Mace a notamment mené plusieurs initiatives cette année pour sanctionner ou expulser le représentant Cory Mills (R-Floride), accusé de détournements de fonds, de violations des règles de financement des campagnes et de harcèlement sexuel — des allégations que Mills conteste.

Lundi, Mace a également publié des documents révélant que plus de 338 000 dollars d'argent public avaient été versés sur dix ans pour régler des affaires de harcèlement sexuel impliquant huit anciens membres du Congrès.

Un système d'éthique sous pression

La frustration grandit également envers le Comité d'éthique de la Chambre, critiqué pour sa lenteur à traiter les plaintes. Les enquêtes peuvent s'étendre sur des mois, voire des années, avant qu'un rapport ou une recommandation disciplinaire ne soit publié.

Le président du comité, Michael Guest (R-Mississippi), a reconnu auprès d'Axios le mois dernier que l'institution manquait de ressources pour accélérer les procédures. Le comité a publié une rare déclaration publique indiquant avoir enquêté sur 20 affaires de harcèlement sexuel impliquant des membres du Congrès depuis 2017, mais n'a nommé aucun élu dans ce rapport.

Source : Axios