La saison 2 de Daredevil : Born Again s’est achevée sur un tournant majeur : Matt Murdock, après avoir perdu la foi en tant que justicier, la retrouve dans des circonstances dramatiques. Alors que la première saison explorait son combat pour se souvenir de sa vocation, la seconde a mis à l’épreuve sa confiance dans le système judiciaire, Wilson Fisk ayant instauré la loi martiale depuis son poste de maire. Dans le final, Matt reprend son rôle d’avocat pour destituer Fisk, mais au prix fort : ses activités de justicier sont dévoilées, et il est emprisonné, connu de tous comme étant Daredevil.

Une nouvelle difficile pour Matt Murdock, mais une excellente nouvelle pour les fans. Car en attendant la saison 3 de Born Again, prévue sur Disney+ l’année prochaine, ils peuvent se plonger dans l’arc des comics qui a inspiré cette intrigue carcérale : The Devil in Cell-Block D, signé Ed Brubaker et Michael Lark.

Publié entre 2006 et 2007 dans Daredevil #82-94 et le Daredevil Annual #1, cet arc aborde les questions fondamentales qui définissent Daredevil : comment un homme aveugle peut-il incarner un héros aussi charismatique ? Comment concilier sa vie d’avocat et celle de justicier ? L’emprisonnement de Matt dans cette histoire repose sur ces mêmes dilemmes, tout comme sa défense. Le fait que l’accusation ne puisse prouver qu’il n’est pas aveugle crée un doute raisonnable suffisant pour bloquer le procès… et l’isoler des autres détenus.

Cependant, d’autres forces cherchent à aggraver son sort, notamment Wilson Fisk, son codétenu, trahi par le FBI après avoir fourni des preuves contre Murdock. The Devil in Cell-Block D regorge de moments marquants de l’histoire de Daredevil. Succédant à Brian Michael Bendis, Ed Brubaker opte pour un style narratif froid et réaliste, loin de l’humour de son prédécesseur, tandis que Michael Lark livre des illustrations sombres et détaillées, mêlant réalisme et séquences d’action percutantes.

Un exemple frappant intervient dès les premières pages : Hammerhead, un ennemi de Spider-Man, corrompt un gardien pour isoler Matt avec une bande de criminels. Contrairement à son usage des ombres, Lark privilégie des combats clairs, mettant en lumière non seulement l’assaut des malfrats, mais surtout la manière dont Matt les neutralise, même sans son costume de Daredevil. En ripostant, il envoie un message clair : il ne reculera pas, même s’il tente de convaincre les gardiens et le public qu’il n’est qu’un avocat aveugle injustement accusé de vigilantisme.

Comme dans les deux saisons de Born Again, la tension entre la vie civile et héroïque de Matt alimente un drame captivant. The Devil in Cell-Block D pousse l’intrigue plus loin en tuant Foggy Nelson, son meilleur ami. Une mort qui s’avérera finalement être un leurre, mais qui renforce encore la complexité émotionnelle de l’arc.

Source : Den of Geek