Dix-sept ans après l'adoption par l'ONU de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), les défenseurs des droits autochtones constatent un manque criant de mise en œuvre des engagements pris par les États. Malgré les promesses internationales, les violations persistent : meurtres de défenseurs des territoires, criminalisation des pratiques culturelles et exploitation non consentie des ressources naturelles.

Lors de la dernière session du Forum permanent des Nations unies sur les questions autochtones (UNPFII), la plus grande assemblée mondiale des peuples autochtones, les dirigeants ont réclamé une application intégrale de l'UNDRIP et des normes internationales en matière de droits humains. Adoptée en 2007 par l'Assemblée générale de l'ONU, cette déclaration établit des standards internationaux concernant les terres, les langues, la santé et d'autres droits fondamentaux des peuples autochtones.

Les États-Unis et le Canada, parmi les rares pays à s'être initialement opposés à l'UNDRIP avant de finalement l'adopter, sont aujourd'hui pointés du doigt pour leur manque d'application concrète. Les peuples autochtones des deux pays, comme ailleurs dans le monde, dénoncent un écart croissant entre les principes énoncés et la réalité sur le terrain.

Lors de l'UNPFII, Kenneth Deer, membre de la Nation mohawk de Kahnawà:ke, a présenté une déclaration conjointe au nom de la Coalition canadienne pour les droits humains des peuples autochtones. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place des systèmes de surveillance indépendants pour garantir une application effective de l'UNDRIP :

« Il faut un groupe d'individus autochtones indépendants, ayant accès aux mécanismes de mise en œuvre de la déclaration par les gouvernements. Ils doivent pouvoir évaluer l'efficacité des actions menées, identifier les échecs et les signaler aux autorités. C'est ainsi que l'on obtient une application réelle. »

Deer a souligné la complexité de ce processus, justifiant ainsi la nécessité d'un organe de contrôle : « Pour appliquer la déclaration, il faut un chien de garde. Quelqu'un qui veille à ce que les États remplissent leurs obligations. »

Pour de nombreuses nations autochtones, la santé ne se limite pas au physique, mais englobe aussi la santé culturelle et spirituelle. Moses Goods, membre de la Nation kanaka maoli (Hawaï), a rappelé le droit de rester soi-même, soulignant l'importance des langues autochtones comme vecteurs d'identité et de mémoire :

« La langue est un lien avec notre culture, notre identité et notre santé. Lorsqu'on nous l'enlève, la santé de notre peuple décline. Cela a été fait intentionnellement pour nous affaiblir, et cela a fonctionné pendant un temps. Mais aujourd'hui, nous résistons. »

Goods a également évoqué les menaces pesant sur les territoires, comme les incendies ayant ravagé Lahaina et provoqué des déplacements forcés. Malgré ces défis, il a salué les rassemblements comme l'UNPFII comme une étape cruciale : « Nous continuons à partager nos histoires, à dire la vérité, encore et encore. Cela nous renforce. »

Source : Grist