Une visite sous haute tension économique et diplomatique

Donald Trump entame ce mercredi une visite d'État en Chine pour rencontrer Xi Jinping, dans un contexte de relations bilatérales tendues par les tensions commerciales et les divergences géopolitiques. Malgré les déclarations passées du président américain, qui avait souvent exprimé son admiration pour son homologue chinois, les récents développements pourraient tempérer l'enthousiasme des retrouvailles.

Un programme chargé entre tradition et modernité

Arrivé à Pékin mercredi soir, Donald Trump participera jeudi matin à une cérémonie d'accueil avant d'entamer un entretien en tête-à-tête avec Xi Jinping. Les deux dirigeants se rendront ensuite au Temple du Ciel, un site historique du XVe siècle symbolisant le lien entre la Terre et le Ciel. Le programme prévoit également un banquet d'État jeudi soir, suivi d'un déjeuner de travail vendredi, axé sur des échanges économiques et industriels.

Selon Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche, les discussions porteront notamment sur la création d'un nouveau Conseil du Commerce pour maintenir le dialogue sur les questions économiques. Les secteurs de l'énergie, de l'aérospatial et de l'agriculture seront également au cœur des échanges.

Pékin mise sur le dialogue et la stabilité

Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a réaffirmé lundi la volonté de la Chine de collaborer avec les États-Unis « sur la base de l'égalité et du respect mutuel ». Il a souligné le rôle stratégique de la diplomatie entre les deux dirigeants pour « apporter de la stabilité dans un monde turbulent » et gérer les différences.

« La relation entre les deux dirigeants joue un rôle irremplaçable dans la gestion des relations bilatérales. »

— Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Une réception moins fastueuse qu'en 2017

Contrairement à la visite de 2017, qualifiée de « visite d'État plus », cette année ne devrait pas offrir le même faste. Jonathan Czin, ancien directeur pour la Chine au Conseil de sécurité nationale sous l'administration Biden, explique :

« Même avant l'escalade des tensions avec l'Iran, il était peu probable que la Chine organise une visite d'État plus comme la dernière fois, compte tenu des tensions actuelles. »

En 2017, Xi Jinping avait réservé un accueil exceptionnel à Donald Trump : une cérémonie militaire avec fanfare, des enfants agitant des drapeaux et scandant « Bienvenue », une visite privée de la Cité interdite, et un dîner en petit comité. Trump était devenu le premier dirigeant étranger depuis 1949 à bénéficier d'un tel honneur.

Le lendemain, une nouvelle cérémonie d'accueil avait eu lieu au Grand Palais du Peuple, suivie d'un défilé militaire et d'un banquet d'État. Ce dernier avait été marqué par la diffusion de vidéos de la visite précédente de Xi Jinping en Floride, ainsi qu'un clip de la petite-fille de Trump, Arabella, chantant en chinois.

Des attentes limitées malgré les efforts chinois

Ali Wyne, conseiller principal pour la recherche et le plaidoyer sur les relations sino-américaines au Crisis Group, estime que la Chine fera tout pour que Trump quitte Pékin avec l'impression d'avoir conclu une visite réussie. Cependant, les défis restent nombreux : tensions commerciales, désaccords sur l'Iran, et une relation bilatérale plus complexe qu'en 2017.