Des sites de recyclage informels, une menace persistante

Les batteries au plomb-acide, omniprésentes dans les véhicules et les systèmes de stockage d’énergie, posent un problème majeur lorsqu’elles sont recyclées sans mesures de contrôle de la pollution. Ces pratiques, courantes dans les pays en développement, entraînent une contamination durable des sols par le plomb, un métal lourd toxique.

Une récente étude publiée dans l’International Journal of Hygiene and Environmental Health révèle qu’une intervention ciblée peut réduire significativement l’exposition des enfants au plomb. Menée au Bangladesh, cette recherche démontre qu’un simple dépollution des sols autour d’anciens sites de recyclage de batteries au plomb-acide permet de diminuer de 22 % les taux de plomb dans le sang des enfants vivant à proximité.

Une étude menée dans le district de Tangail

Les chercheurs, dirigés par Mahbubur Rahman, scientifique en santé environnementale au Centre international de recherche sur les maladies diarrhéiques du Bangladesh, ont analysé les taux de plomb dans le sang (BLL) de 130 enfants vivant près de deux sites de recyclage de batteries au plomb-acide (ULAB) abandonnés en 2019. Pour comparaison, ils ont également étudié 37 enfants ne vivant pas à proximité de ces sites.

L’équipe a mené des travaux de dépollution sur un seul des deux sites, tout en organisant des sessions d’information pour la communauté afin d’obtenir leur consentement éclairé. Résultat : après les travaux, la teneur en plomb des sols est passée de plus de 20 000 parties par million (ppm) à moins de 400 ppm, un niveau jugé acceptable par l’EPA américaine en 2023 (la limite a été abaissée à 200 ppm en 2024).

Des résultats concluants après un an

Un an après la dépollution, les 89 enfants vivant dans les 68 foyers concernés par l’intervention ont vu leur taux de plomb dans le sang chuter de 90,1 à 70,4 microgrammes par litre, soit une baisse de plus de 21 %. En revanche, les enfants vivant près du second site, non dépollué, n’ont enregistré qu’une diminution de 8,4 % (de 88,5 à 81,1 microgrammes par litre).

« Nous savons avec certitude que les zones proches des anciens sites de recyclage de batteries au plomb-acide sont aussi contaminées que celles autour des anciennes mines de plomb. »

— Mahbubur Rahman, coauteur de l’étude

Une solution simple et efficace

Cette étude souligne l’efficacité d’une approche low-cost pour réduire l’exposition au plomb, un problème de santé publique majeur dans les pays en développement. Les chercheurs estiment que des interventions similaires pourraient être mises en place dans d’autres régions touchées par ce type de pollution.

Les résultats suggèrent également que la baisse observée dans le groupe témoin (non exposé aux sites de recyclage) pourrait être liée à une initiative gouvernementale visant à réduire les niveaux de plomb dans le curcuma, mais les auteurs restent prudents sur cette hypothèse.