Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a récemment publié un communiqué officiel intitulé : *« Une juge activiste de Biden libère un criminel violent et un étranger en situation irrégulière recherché pour meurtre »*. Le texte visait Melissa DuBose, juge fédérale, l’accusant d’avoir « délibérément » libéré un suspect pour meurtre afin de saper la politique d’expulsion de l’administration.

Le problème ? La juge n’avait aucune connaissance de cette affaire de meurtre. L’avocat du département de la Justice (DOJ) chargé de plaider contre la libération du suspect n’en avait pas été informé, car l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) lui avait expressément demandé de taire cette information.

Cette affaire illustre les difficultés croissantes rencontrées par les avocats du DOJ, contraints de représenter une agence qui ignore systématiquement les règles légales et le principe de séparation des pouvoirs. Travailler pour l’ICE sous l’administration Trump revient à servir un client qui contourne les contraintes juridiques, méprise l’État de droit et manipule les procédures judiciaires.

Un conflit juridique aux répercussions nationales

Le litige au cœur de cette affaire s’inscrit dans un débat plus large sur la détention des migrants aux États-Unis. L’administration Trump a adopté une position radicale : même les personnes résidant légalement dans le pays depuis des décennies, contribuant à l’économie et élevant des familles, sont désormais considérées comme des *« demandeurs d’admission »*, au même titre que les nouveaux arrivants à la frontière.

Plus de 300 cours fédérales ont rejeté cette interprétation, mais les cours d’appel sont divisées (2 contre 2). L’affaire sera probablement tranchée par la Cour suprême. Entre-temps, l’ICE accumule les condamnations pour outrage à la justice. En janvier 2026, le juge en chef du district du Minnesota a estimé que l’agence avait probablement violé plus d’ordres judiciaires en un seul mois que certaines agences fédérales en plusieurs décennies.

Les détails cachés de l’affaire Gomez

Le cas de Bryan Rafael Gomez, un ressortissant dominicain arrêté en avril 2026 dans le Massachusetts après une infraction locale, en est un exemple frappant. Ses avocats ont déposé un recours en *habeas corpus* devant le tribunal du Rhode Island. La juge DuBose a ordonné sa libération sous conditions en attendant une audience sur sa caution.

Ce que la juge ignorait, c’est que Gomez faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour meurtre en République dominicaine. L’ICE, lui, était au courant : il avait même publié le mandat dans un communiqué deux semaines plus tôt. Pourtant, l’agence avait interdit à l’avocat fédéral Kevin Bolan, chargé du dossier, de mentionner ce détail devant le tribunal. La justification ? Les autorités dominicaines n’auraient pas encore « officiellement » validé le mandat.

*« Ce cas révèle une stratégie délibérée de l’ICE pour manipuler les procédures judiciaires et discréditer les juges qui osent appliquer la loi. »* — Expert en droit de l’immigration.