Pékin, Chine — Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé mercredi à un cessez-le-feu global et immédiat dans le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. Ses propos, tenus lors d’une rencontre avec son homologue iranien Abbas Araghchi, pourraient relancer les efforts diplomatiques paralysés depuis deux mois.
Wang Yi a exprimé la « profonde préoccupation » de la Chine face à cette guerre, soulignant que le conflit, qui dure depuis fin février, a causé des pertes humaines et économiques considérables, tant en Iran qu’à l’échelle régionale et mondiale.
Cette déclaration intervient alors qu’Araghchi effectue sa première visite officielle à Pékin depuis le début des hostilités. Les relations économiques et politiques étroites entre la Chine et l’Iran placent Pékin en position d’influence pour faciliter une résolution du conflit.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole et du gaz, restent au cœur des discussions. Les États-Unis, sous la pression de l’administration Trump, exhortent la Chine à convaincre Téhéran de rouvrir ce passage, actuellement sous blocus iranien.
Les prix du pétrole ont connu une volatilité marquée ces derniers jours. Le baril de Brent, référence mondiale, a brièvement dépassé les 100 dollars avant de redescendre, mais reste bien au-dessus des niveaux d’avant-guerre, autour de 70 dollars. Cette flambée des prix a des répercussions majeures sur l’économie mondiale, affectant particulièrement les grandes puissances comme la Chine.
Les négociations sur le nucléaire iranien et les sanctions imposées à Téhéran figurent également parmi les sujets abordés lors de la visite d’Araghchi. Selon lui, l’Iran a gagné en « légitimité internationale » grâce à sa résistance face aux pressions extérieures.
La Chine, qui entretient des relations commerciales et diplomatiques solides avec l’Iran, est perçue comme un acteur clé pour désamorcer la crise. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a d’ailleurs exhorté Pékin à faire pression sur Téhéran pour qu’il lève son embargo sur le détroit d’Ormuz, principal levier de négociation de l’Iran dans ce conflit.
Cette visite intervient à la veille d’un sommet de haut niveau prévu les 14 et 15 mai à Pékin entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. Il s’agira du premier déplacement officiel de Trump en Chine depuis 2017 et de sa première visite en tant que président en début de second mandat.
« Nous estimons qu’un cessez-le-feu global est urgent, que la reprise des hostilités est inacceptable, et qu’il est essentiel de privilégier le dialogue et les négociations », a déclaré Wang Yi lors d’une conférence de presse, selon des images diffusées par les médias chinois.
De son côté, Araghchi a réaffirmé dans une interview télévisée que l’Iran avait « renforcé sa position sur la scène internationale » grâce à sa capacité à résister aux pressions extérieures.