Les critiques envers la Food and Drug Administration (FDA) américaine ne datent pas d’hier. Depuis des décennies, l’agence est accusée de freiner l’innovation médicale et alimentaire par des réglementations complexes et parfois absurdes. Un exemple frappant ? La classification des lasagnes surgelées, soumise à neuf pages de règles détaillant les normes des pâtes à utiliser (21 CFR § 139.110 et suivants).

Cette rigidité bureaucratique a des conséquences bien plus graves que des étiquettes mal apposées. Comme l’économiste Alex Tabarrok l’a souligné, la FDA a un incitation perverse à retarder l’approbation des médicaments : en cas d’erreur, les victimes sont identifiables, tandis que les décès dus à des retards restent invisibles. « Les gens meurent, mais leurs corps sont enterrés dans un cimetière invisible », résume-t-il.

Sous l’administration Trump, une approche plus pragmatique a émergé, notamment sur les substances autrefois interdites. Récemment, la FDA a accepté d’étudier l’approbation de certains produits nicotiniques (vapotage, snus) pour aider les fumeurs adultes à arrêter. Une mesure symbolique, mais qui reste limitée par les lenteurs administratives. De même, la réévaluation du cannabis et des psychédéliques comme traitements contre les troubles mentaux graves marque un tournant.

Le dernier en date ? Un décret exécutif de l’administration Biden, publié le mois dernier, qui élimine les barrières fédérales pour les psychédéliques (comme la psilocybine ou l’ecstasy) lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre de protocoles thérapeutiques certifiés. Ces substances seront reclassées en Schedule III, reconnaissant leur faible potentiel de dépendance et facilitant les essais cliniques.

Cependant, cette avancée reste modeste. Le reclassement ne signifie ni légalisation ni décriminalisation. Comme le reconnaît l’administration elle-même, l’usage thérapeutique des psychédéliques nécessite un suivi rigoureux de la FDA – une agence réputée pour ses lenteurs. « C’est un pas dans la bonne direction, mais loin d’être suffisant », commente un expert en politiques de santé.

Malgré ces progrès, la FDA conserve des pratiques opaques et des priorités discutables. Dernier exemple en date : des recommandations récentes invitant les maisons de retraite à éviter des aliments inoffensifs comme la gélatine, tandis que des préoccupations infondées sur les « huiles de graines » émergent. Une incohérence qui illustre les défis persistants d’une agence à la fois omniprésente et inefficace.

Source : Reason