La Fed face à des dissensions historiques

La Réserve fédérale (Fed) a décidé de maintenir ses taux d'intérêt dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, pour la troisième fois consécutive en 2026. Cette décision, prise lors de ce qui pourrait être la dernière réunion de Jerome Powell à la tête de l'institution, s'accompagne d'un nombre record de dissensions internes.

Des désaccords sans précédent

Trois présidents de banques régionales de la Fed – Beth Hammack (Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas) – ont exprimé leur opposition, non pas à la décision de maintenir les taux, mais à l'absence d'une orientation claire vers un assouplissement monétaire dans le communiqué. Le gouverneur Stephen Miran, quant à lui, a plaidé pour une baisse des taux.

Avec quatre dissensions au total, il s'agit du plus grand nombre enregistré depuis octobre 1992, révélant des tensions profondes au sein du comité de politique monétaire.

Un contexte inflationniste tendu

Ces désaccords surviennent dans un contexte où l'inflation reste supérieure à l'objectif fixé par la Fed, malgré cinq années consécutives de dépassement. Les responsables de la Fed, notamment ceux des banques régionales, s'opposent fermement à toute indication d'une future baisse des taux, craignant une résurgence inflationniste.

L'héritage de Powell et l'arrivée de Warsh

Jerome Powell quittera ses fonctions le 15 mai, et Kevin Warsh, dont la nomination a été avancée par le Comité bancaire du Sénat, est en passe d'être confirmé avant la prochaine réunion de la Fed en juin. Son arrivée pourrait redéfinir la politique monétaire, notamment en réponse aux attentes de l'administration Trump, favorable à des baisses de taux.

Les enjeux de la transition

Le communiqué de la Fed mentionne une possible « ajustement supplémentaire » des taux, une formulation que les responsables « faucons » jugent trop accommodante. Ces derniers refusent d'exclure une hausse des taux, compte tenu de la solidité de la croissance économique et des pressions inflationnistes persistantes.

Par ailleurs, l'avenir de Jerome Powell au sein du Conseil des gouverneurs de la Fed reste incertain. Bien que son mandat en tant que gouverneur s'achève en 2028, il pourrait choisir de démissionner ou de conserver son siège. Cette question sera probablement abordée lors de sa conférence de presse prévue à 14h30 (heure de l'Est).

Un héritage de divisions

Malgré des débats intenses au cours de ses huit années à la tête de la Fed, Jerome Powell a réussi à maintenir une certaine cohésion au sein du comité. Cependant, Kevin Warsh héritera d'une institution profondément divisée, où les désaccords sur la direction de la politique monétaire pourraient s'intensifier.

« Les tensions actuelles reflètent les défis auxquels la Fed devra faire face dans les mois à venir, alors que l'inflation et la croissance économique continuent de dicter les décisions monétaires. »

Source : Axios