La Fête des Mères reste un rendez-vous incontournable pour les Américains, mais cette année, elle s’inscrit dans un contexte économique marqué par la « momflation ». Face à la hausse des prix des fleurs, des brunchs et des cadeaux, les consommateurs adaptent leurs dépenses : plus de recherches de promotions, des cadeaux moins nombreux ou moins chers, et une préférence pour les expériences plutôt que les achats coûteux.
Un budget record malgré l’inflation
Selon la Fédération nationale du commerce de détail (NRF), les dépenses des Américains pour la Fête des Mères devraient atteindre un niveau historique cette année : 38 milliards de dollars, contre 35,7 milliards en 2023. Une preuve que, malgré les récriminations liées à l’inflation, les consommateurs restent prêts à dépenser pour l’occasion, mais de manière plus stratégique.
Les fleurs, toujours en tête, mais à moindre coût
Les fleurs restent le cadeau le plus populaire, avec 75 % des consommateurs prévoyant d’en acheter. Pourtant, les prix ont grimpé de 16 % en un an, selon les données de Groundwork Collaborative. Cette hausse, attribuée en partie aux droits de douane sur les fleurs importées et aux coûts du fret aérien, devrait coûter aux Américains 441 millions de dollars supplémentaires cette année. La Chambre de commerce des États-Unis estime même que ces nouveaux tarifs pourraient représenter une taxe de 25 millions de dollars sur les bouquets offerts pour la Fête des Mères.
Des cadeaux moins chers et plus symboliques
Pour limiter l’impact de l’inflation, les consommateurs ajustent leurs achats :
- 43 % recherchent activement des promotions ou des coupons ;
- 30 % prévoient d’acheter moins de cadeaux ;
- 26 % optent pour des produits moins chers.
Une étude de RetailMeNot révèle que les Américains privilégient désormais des cadeaux symboliques comme du temps de qualité, une journée sans responsabilités ou de l’aide aux tâches ménagères, plutôt que des présents coûteux. Les expériences partagées, comme un brunch ou une sortie, gagnent en popularité face aux cadeaux matériels.
Le brunch, une alternative plus abordable ?
Les prix des repas au restaurant continuent d’augmenter, mais le brunch pourrait offrir une solution plus économique cette année. Selon Wells Fargo, les Américains devraient dépenser 4 % de plus pour manger à l’extérieur lors de la Fête des Mères, avec un ticket moyen estimé à 67 dollars. Cependant, Michael Swanson, économiste agricole en chef de Wells Fargo, souligne que la baisse des prix des œufs pourrait rendre le brunch plus attractif, contrairement aux dîners à base de bœuf, dont les coûts restent élevés en raison de la flambée des prix de la viande.
« Les Américains adorent manger à l’extérieur, et la Fête des Mères est l’une des occasions les plus importantes pour le faire. »
Michael Swanson, économiste agricole en chef chez Wells Fargo
Une tendance durable : dépenser moins, mais mieux
Malgré la hausse des prix, les consommateurs refusent de réduire leurs dépenses pour la Fête des Mères. En revanche, ils privilégient des alternatives plus économiques : des bouquets plus petits, des brunchs plutôt que des dîners, ou des cadeaux simples mais chargés d’émotion. Une preuve que l’affection pour les mères reste prioritaire, même en période d’inflation.
Selon une enquête de LendingTree, 55 % des consommateurs admettent qu’ils pourraient dépenser plus qu’ils ne le devraient cette année. Un paradoxe qui illustre à la fois la résilience des traditions et les défis économiques actuels.