Un amendement historique, deux siècles plus tard

Le 5 mai 1992, les États-Unis ratifiaient le 27e amendement de leur Constitution, mettant fin à une attente de plus de deux siècles. Proposé initialement en 1789, cet amendement, le plus récent de la Constitution américaine, encadre strictement les conditions de modification de la rémunération des membres du Congrès.

Le contenu de l'amendement

Le texte stipule que :

"Aucune loi modifiant la rémunération des services des sénateurs et des représentants ne prendra effet avant qu’une élection des représentants n’ait eu lieu."

En d’autres termes, toute augmentation ou réduction du salaire des élus ne peut s’appliquer qu’à partir de la législature suivante. Cette disposition vise à limiter l’influence des intérêts personnels sur les décisions de rémunération des parlementaires.

Un parcours législatif exceptionnellement long

Proposé par James Madison, l’un des pères fondateurs des États-Unis, le 27e amendement a mis 202 ans pour être ratifié. Il a été adopté par le Congrès en 1789, mais n’a été validé par les États qu’en 1992, après avoir été relancé par un étudiant en droit, Gregory Watson, dans les années 1980.

Watson, alors âgé de 19 ans, a mené une campagne nationale pour relancer l’amendement, arguant que le Congrès n’avait jamais officiellement rejeté la proposition. Son initiative a finalement convaincu les États de ratifier le texte, faisant de lui l’un des plus jeunes militants à influencer l’histoire constitutionnelle américaine.

Un amendement toujours d’actualité

Aujourd’hui, le 27e amendement reste un pilier du système politique américain. Il garantit que les décisions concernant la rémunération des élus ne soient pas prises à des fins électoralistes ou partisanes, mais reflètent une volonté collective exprimée lors des élections.

Il rappelle également que, même dans une démocratie, les mécanismes constitutionnels peuvent mettre des décennies, voire des siècles, à se concrétiser pleinement.

Source : Reason