Un vote historique au Sénat
Le Parti démocrate américain marque un tournant dans sa politique envers Israël. Mercredi, 40 des 47 sénateurs démocrates ont voté pour bloquer une vente d’armes à Israël, un niveau d’opposition sans précédent. Ce vote reflète une évolution rapide vers une approche plus critique, selon les observateurs.
Des divisions internes au Parti démocrate
Cette décision a surpris et déçu les partisans pro-israéliens.
« C’est déstabilisant pour ceux qui comptaient sur un soutien bipartisan indéfectible »,a déclaré un responsable démocrate impliqué dans les causes juives. Les tensions étaient déjà visibles lors d’une élection partielle dans le New Jersey, où la candidate Analilia Mejia, critique virulente d’Israël, a remporté son siège malgré des pertes importantes dans les villes à forte population juive.
Un électorat démocrate de plus en plus critique
Le changement s’explique par l’évolution des opinions. Selon un sondage Pew, 80 % des électeurs démocrates ou sympathisants ont une opinion défavorable d’Israël, contre 53 % en 2022. Cette défiance s’est accentuée après la guerre à Gaza et l’alliance militaire avec l’Iran sous l’administration Trump.
Les élus démocrates suivent cette tendance, y compris dans les États clés. Parmi les 40 sénateurs ayant voté contre la vente d’armes figuraient des figures comme Mark Kelly (Arizona), Jon Ossoff (Géorgie) et Elissa Slotkin (Michigan), tous potentiels candidats présidentiels.
Des dirigeants encore prudents
Cependant, les dirigeants du parti et les grandes organisations (DNC, direction du Congrès, comités de financement) restent plus mesurés. Chuck Schumer, leader de la minorité au Sénat, a même voté pour l’approbation de la vente d’armes, tout en critiquant la guerre en Iran et les politiques de Netanyahou.
Un avenir incertain pour Israël aux États-Unis
Si le consensus bipartisan pro-israélien est bel et bien mort, les démocrates peinent à définir une nouvelle ligne. Certains craignent une rupture totale avec Israël sous une future administration, tandis que d’autres y voient une simple correction de trajectoire. Une chose est sûre : la pression sur Israël ne fera que s’intensifier.