Un parcours semé d’embûches
Melissa Barrera a traversé une période sombre. Licenciée de son rôle principal dans Scream après avoir qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide et de nettoyage ethnique, elle a subi une année de quasi-blacklist. Les rares propositions qu’elle a reçues étaient souvent teintées de mépris : « Elle acceptera n’importe quoi, elle n’a plus de travail. »
Le rebond artistique avec Titanique
Son retour sur le devant de la scène passe par des rôles dans Abigail et The Copenhagen Test. Mais c’est Titanique, un musical parodique de Titanic avec Celine Dion en narratrice égocentrique, qui lui offre l’occasion idéale de se réinventer. Après des années en Off-Broadway, la production a enfin conquis Broadway ce mois-ci.
Une satire débridée
Titanique est une fantaisie pop culture déjantée, entre Drag Race et Scary Movie. Celine Dion, interprétée par Marla Mindelle, y incarne une version excentrique et mégalomane d’elle-même, narrant le naufrage du Titanic avec ses tubes et ses commentaires sur les personnages.
Barrera y joue Rose, le seul personnage relativement « sérieux » de la pièce. Elle doit gérer les egos surdimensionnés de sa mère (Jim Parsons), de Molly Brown (Deborah Cox) et de la Dion fictive, tout en incarnant le conflit entre désir et conventions sociales, comme dans le film original.
L’art de transformer l’adversité en comédie
La scène où Rose menace de se jeter à l’eau est révélatrice. Jack (Constantine Rousouli), transformé en Ghostface, lui lance : « Tu veux mourir, Sydney ? » avant qu’elle ne rétorque : « Bon, j’ai compris ! » Un moment bref mais poignant, où Barrera transforme une expérience douloureuse en autodérision.
Le spectacle, partiellement improvisé, s’adapte aux talents de ses interprètes. Jim Parsons glisse une réplique tirée de The Big Bang Theory, tandis que Deborah Cox improvise sur Nobody’s Supposed To Be Here. Barrera, elle, brille dans la scène où elle se fait peindre « comme une Française », sur Because You Loved Me.
« Titanique lui permet de reprendre le contrôle, de rire de ce qui l’a blessée. C’est une victoire artistique et personnelle. »
Un succès qui dépasse les attentes
Avec des clins d’œil évidents à Titanic (colliers, portes), la pièce mise sur l’absurde et l’autodérision. Barrera y trouve une catharsis, prouvant que le talent finit toujours par s’imposer, malgré les obstacles. Une performance qui confirme son retour en force à Hollywood.