La Cour suprême des États-Unis a autorisé l'Alabama à utiliser une nouvelle carte électorale qui ignore l'un des deux districts congressionnels majoritairement noirs de l'État. Une décision que certains juges ont qualifiée de source de « chaos » et de « confusion », notamment à quelques jours des primaires.

Les trois juges libéraux de la Cour, dont Sonia Sotomayor, ont exprimé leur désaccord face à cette décision rendue lundi. Dans un avis dissident de cinq pages, Sotomayor a vivement critiqué ses collègues conservateurs, qualifiant leur décision d'« inappropriée ». Elle a souligné que la Cour modifiait les lignes électorales de l'Alabama à quelques jours seulement des élections primaires, alors que l'État avait déjà été reconnu coupable de violation du quatorzième amendement en diluant intentionnellement le poids des voix des électeurs noirs.

« Aujourd’hui, la Cour balaye sans cérémonie l'ordre méticuleusement documenté et soutenu du tribunal de district, qui établissait une intention discriminatoire, sans justification valable et sans tenir compte de la confusion qui en résultera », a écrit Sotomayor dans son avis dissident. Elle a ajouté que cette décision ne fera que semer la confusion alors que les Alabamiens commencent à voter pour les élections prévues la semaine prochaine. »

Cette décision ouvre la voie aux dirigeants républicains de l'Alabama pour redessiner les frontières électorales, offrant ainsi la possibilité d'éliminer un ou deux sièges démocrates à la Chambre des représentants. Elle pourrait également menacer la réélection du représentant démocrate Shomari Figures. Cette décision a été rendue possible par l'affaiblissement récent du Voting Rights Act par la Cour suprême.

Les électeurs noirs de l'Alabama luttent depuis des années pour faire entendre leur voix, engageant des recours juridiques pour obtenir un district supplémentaire à majorité noire dans cet État conservateur du Sud.

« Nous assistons à un retour à l'ère Jim Crow. Quiconque est alarmé par ces développements — et tout le monde devrait l'être — ferait mieux de prévoir de voter en novembre pour mettre fin à cette folie tant qu'il est encore temps. »

Cette déclaration est celle de Derrick Johnson, président national de la NAACP, dans un communiqué adressé à l'Associated Press.