WASHINGTON — Dans une lettre adressée au Congrès ce vendredi, le président Donald Trump a officiellement déclaré que la guerre entre les États-Unis et l'Iran était « terminée ». Une affirmation qui soulève des questions sur sa conformité avec les faits et le cadre juridique américain.
Un cessez-le-feu en vigueur, mais des tensions persistantes
Selon Trump, les hostilités entre les deux pays ont pris fin le 7 avril 2026, date à laquelle le dernier échange de tirs aurait eu lieu. « Les hostilités ayant débuté le 28 février 2026 sont désormais terminées », a-t-il écrit dans sa missive. Pourtant, plusieurs éléments contredisent cette déclaration.
Malgré l'absence de combats à grande échelle, les États-Unis maintiennent un blocus naval dans le détroit d'Ormuz, une zone stratégique pour le transport maritime. En avril, des navires américains ont même ouvert le feu sur un cargo battant pavillon iranien, accusé de tenter de violer le blocus. Dans un communiqué, Trump a qualifié l'incident de « perforation de la salle des machines » du navire.
Par ailleurs, des troupes américaines restent déployées à proximité de l'Iran, laissant planer la menace d'une reprise des hostilités. Le président n'a pas hésité à brandir cette possibilité, alors que les négociations pour un accord de paix définitif piétinent.
Une manœuvre pour contourner la loi sur les pouvoirs de guerre ?
La déclaration de Trump intervient à quelques jours d'une échéance légale : le délai de 60 jours imposé par la Résolution sur les pouvoirs de guerre (War Powers Resolution), qui exige la fin des engagements militaires américains dans un conflit non autorisé par le Congrès.
Or, le Congrès n'a jamais voté pour valider cette intervention. Une extension de 30 jours est possible, mais l'administration Trump ne l'a pas encore sollicitée. Une stratégie déjà observée par d'autres présidents, comme le souligne Stephen Rademaker, ancien secrétaire d'État adjoint, dans les colonnes du Washington Post.
Un précédent politique récurrent
Cette tactique n'est pas inédite. Plusieurs présidents américains, toutes tendances politiques confondues, ont eu recours à des interprétations créatives de la loi pour éviter de se soumettre à son application stricte. Une pratique qui interroge sur l'équilibre des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif aux États-Unis.
À retenir
- Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est en place depuis avril 2026, mais des tensions subsistent.
- Un blocus naval américain dans le détroit d'Ormuz est toujours actif.
- La déclaration de Trump pourrait être une tentative d'éviter les contraintes de la Résolution sur les pouvoirs de guerre.
- Cette stratégie s'inscrit dans une tendance historique de contournement de la loi par les présidents américains.