Le 12 juillet dernier, Donald Trump et l'Union européenne (UE) scellaient un accord commercial présenté comme une « modernisation générationnelle de l’alliance transatlantique ». Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, y voyait même un moyen de « rétablir la stabilité et la prévisibilité » en verrouillant un droit de douane de 15 % sur la plupart des biens européens exportés vers les États-Unis, tandis que la majorité des importations américaines en Europe en seraient exemptées.
Pour Trump, cet accord représentait une victoire : une réduction des droits de douane sur les exportations américaines et l’instauration d’un seuil tarifaire permanent sur les produits européens. Du côté européen, on se félicitait d’avoir évité le pire, le taux de 15 % étant bien inférieur aux 25 % initialement menacés par Washington. L’accord devait aussi empêcher toute escalade tarifaire impulsive de la part du président américain.
Pourtant, cet optimisme a été de courte durée. Vendredi, Trump a annoncé une hausse des droits de douane sur les voitures européennes, les portant à 25 %. Cette décision, justifiée par un prétendu non-respect de l’accord par l’UE, intervient alors que ce dernier n’a même pas été ratifié par les deux parties. L’UE est toujours en phase de validation législative, tandis que l’administration Trump n’a pas soumis le texte au Congrès pour approbation.
La situation est d’autant plus paradoxale que des responsables européens étaient encore reçus à la Maison-Blanche il y a quelques semaines. Lors de cette rencontre, les États-Unis et l’UE avaient même annoncé un partenariat conjoint sur des minerais stratégiques. Cette volte-face brutale menace désormais l’ensemble de l’accord et relance les tensions commerciales.
Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, a réagi avec fermeté sur Twitter : « C’est inacceptable. La confiance est une bonne chose, mais face à l’arbitraire, seules des règles claires protègent. » Son constat est sans appel : la parole de Trump est devenue synonyme d’instabilité.
Cette nouvelle mesure illustre une fois de plus l’incohérence de la politique commerciale américaine. Les droits de douane supplémentaires pourraient coûter jusqu’à 4 milliards de dollars aux constructeurs automobiles cette année. Pourtant, l’objectif affiché de Trump était de renforcer la crédibilité des États-Unis dans les négociations commerciales. Comment convaincre des partenaires de s’engager dans des accords sérieux avec un interlocuteur aussi imprévisible ?
Les échanges commerciaux reposent sur la stabilité, essentielle pour les entreprises et les investisseurs. Un droit de douane de 15 %, puis une hausse soudaine à 25 %, ne font que démontrer l’échec patent des méthodes de Trump. Les « accords » signés sous sa présidence s’apparentent davantage à des déclarations d’intention qu’à des engagements durables.