Un changement de nom pour une meilleure reconnaissance médicale

Une avancée majeure dans la compréhension des troubles hormonaux féminins vient d’être officialisée. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui affecte environ 12,5 % des femmes en âge de procréer, change de nom pour PMOS (syndrome ovarien métabolique polyendocrinien). Cette modification, annoncée lors du Congrès européen d’endocrinologie et publiée dans The Lancet, vise à corriger des décennies de diagnostics erronés et de prises en charge inadéquates.

Pourquoi ce nouveau nom ?

Le terme « polykystique » était trompeur, car il suggérait à tort la présence systématique de kystes ovariens, alors que ce n’est pas le cas pour toutes les patientes. Une équipe internationale de spécialistes, dirigée par la professeure Helena Teede de l’Université Monash (Australie), a souligné que les symptômes de ce trouble étaient souvent mal compris, retardant ainsi les diagnostics et les traitements.

« Nous savons désormais qu’il n’y a pas d’augmentation systématique des kystes ovariens anormaux, et que la diversité des manifestations de ce syndrome était largement sous-estimée », explique la professeure Teede. Le nouveau nom met l’accent sur trois dimensions clés : les dysfonctionnements endocrinien, métabolique et ovarien, reflétant ainsi la complexité réelle de ce trouble.

Un processus collaboratif de 14 ans

Cette évolution résulte d’un travail de longue haleine, impliquant plus de 50 organisations et 14 000 personnes concernées à travers le monde. Le changement de nom sera intégré dans les directives internationales de traitement en 2028, marquant une étape cruciale pour améliorer la reconnaissance et la prise en charge de ce syndrome.

« Bien que les recommandations internationales aient déjà permis de progresser dans la sensibilisation et les soins, un changement de nom était nécessaire pour reconnaître pleinement cette pathologie et en atténuer les impacts à long terme », précise la professeure Teede.

Les symptômes et risques associés au PMOS

Le PMOS se caractérise par un déséquilibre hormonal, notamment un excès d’androgènes comme la testostérone. Ces perturbations peuvent entraîner :

  • Des troubles de l’ovulation, provoquant des règles irrégulières, douloureuses et parfois absentes ;
  • Des difficultés de fertilité ;
  • Un risque accru de cancer de l’endomètre, en raison d’une exposition prolongée aux œstrogènes sans contrebalancement par la progestérone ;
  • Des manifestations cutanées (acné sévère, pilosité excessive) ;
  • Des complications métaboliques : diabète de type 2, hypertension, maladies cardiovasculaires et apnée du sommeil.

Contrairement aux idées reçues, les « kystes » observés ne sont pas des kystes ovariens classiques, mais des follicules ovariens qui ne parviennent pas à libérer un ovule. Ce phénomène peut nonetheless entraîner des douleurs pelviennes et des complications gynécologiques.

Un diagnostic complexe et des perspectives d’amélioration

Comme de nombreuses maladies chroniques touchant les femmes, le PMOS ne dispose pas encore de test diagnostique simple ni de traitement curatif. Cependant, une prise en charge adaptée, combinant thérapies hormonales et modifications du mode de vie, permet de soulager les symptômes lorsque le diagnostic est posé précocement.

« Ce changement de nom est une avancée majeure pour les patientes, car il devrait réduire les erreurs de diagnostic et favoriser une meilleure compréhension de cette pathologie », conclut la professeure Teede.

« Ce changement de nom est le fruit d’un effort mondial de 14 ans, impliquant des milliers de personnes. Il marque une étape essentielle pour améliorer la vie des femmes touchées par ce syndrome. »