Une arnaque en pleine crise géopolitique

Des fraudeurs exploitent la situation tendue dans le détroit d'Ormuz pour extorquer des compagnies maritimes avec de faux frais de transit en cryptomonnaies. Selon le cabinet grec MARISKS, des messages frauduleux circulent, prétendant émaner des autorités iraniennes et exigeant des paiements en Bitcoin ou Tether pour garantir un passage sécurisé.

Des communications frauduleuses et des risques réels

MARISKS a alerté les armateurs sur ces communications non officielles. Les messages demandent aux entreprises de fournir des documents de navigation pour une prétendue vérification par les « services de sécurité iraniens », avant de fixer un tarif de transit en cryptomonnaies. Les escrocs promettent ensuite une autorisation de passage sans entrave.

Le cabinet a confirmé qu’au moins un navire aurait été victime de cette arnaque. Dans ce cas précis, le navire aurait subi des tirs en quittant le détroit, bien que le lien direct avec la fraude n’ait pas été établi.

Contexte : tensions et blocages dans le détroit

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport d’énergie, voit des centaines de navires bloqués à l’ouest de la zone. Environ 20 000 marins sont affectés par cette situation, aggravée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran. Ce corridor maritime, autrefois emprunté par un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, est désormais perturbé par des restrictions militaires et géopolitiques.

Une proposition officielle controversée

Début septembre, des rumeurs indiquaient que l’Iran envisageait d’imposer des péages de transit en Bitcoin pour les navires traversant le détroit. Cette mesure, liée à une période de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, visait à contourner le système financier traditionnel tout en maintenant un contrôle sur l’accès à la zone.

Les analystes en sécurité soulignent les risques juridiques et financiers pour les entreprises. Même si les fonds ne sont pas versés à des entités sanctionnées, les sociétés pourraient être exposées aux régimes de sanctions liés à l’Iran.

Un appel à la vigilance

MARISKS et d’autres experts appellent les compagnies maritimes à la prudence. Les communications non vérifiées doivent être considérées comme suspectes, surtout dans un contexte où les vraies demandes de transit restent rares et strictement encadrées.

« Toute demande de paiement en cryptomonnaie dans cette région doit être traitée avec la plus grande méfiance. Les entreprises doivent vérifier l’authenticité des messages avant tout transfert de fonds. »

— Expert en cybersécurité maritime, MARISKS

Recommandations pour les armateurs

  • Ne jamais répondre à des demandes de paiement non officielles ou non vérifiées.
  • Contacter directement les autorités maritimes locales ou les représentants consulaires pour confirmer toute information.
  • Signaler toute tentative d’escroquerie aux instances compétentes.
  • S’assurer que les systèmes de communication des navires sont sécurisés contre les cyberattaques.