Le juriste Jack Goldsmith, professeur à Harvard et spécialiste du droit constitutionnel, a publié une analyse sévère sur la manière dont le New York Times a traité et interprété les mémos confidentiels de la Cour suprême concernant la suspension du Clean Power Plan (CPP), un programme phare de l’administration Obama visant à réduire les émissions de CO₂.
Une décision de la Cour suprême jugée inhabituelle
Goldsmith commence par rappeler que l’ordre de la Cour suprême de suspendre temporairement le CPP était, en soi, une décision rare mais pas inédite. Il cite plusieurs exemples d’ordres provisoires similaires, notamment dans des affaires liées à la peine de mort ou aux élections. Cependant, il souligne un aspect novateur : cette suspension intervenait avant même qu’un tribunal inférieur ne se prononce sur le fond.
« Cette décision marque, selon moi, le début de l’engagement actif de la Cour suprême dans la supervision des initiatives présidentielles via des ordres provisoires », écrit-il. Il note que cette tendance s’est confirmée depuis, comme en témoigne l’injonction contre les déportations prévues par l’Alien Enemies Act sous l’administration Trump.
Des biais dans la couverture médiatique
Goldsmith ne s’arrête pas à l’analyse juridique. Il reproche au New York Times d’avoir orienté la lecture des mémos en fonction de ses propres convictions, notamment en ce qui concerne le rôle du président de la Cour suprême, John Roberts.
« Plusieurs éléments de la couverture médiatique semblent refléter davantage les préjugés des journalistes que les faits eux-mêmes », explique-t-il. Il ajoute que ces biais sont particulièrement visibles dans la manière dont les mémos ont été présentés au public.
Un manque d’équilibre dans l’analyse
L’auteur souligne que le New York Times a omis de contextualiser pleinement les enjeux juridiques et institutionnels soulevés par ces mémos. Pourtant, une grande partie des documents en question, ainsi que les mémoires déposés devant la Cour, sont accessibles au public. Cela permet aux lecteurs de se forger leur propre opinion.
Goldsmith n’est pas le seul à critiquer la couverture du New York Times. Will Baude, professeur de droit à l’Université de Chicago, a également pointé du doigt les distorsions dans la présentation des informations.
La transparence des documents, un atout pour le débat public
Malgré ses critiques, Goldsmith reconnaît que la publication des mémos par le New York Times a permis au public d’accéder à des informations cruciales. « Les lecteurs peuvent désormais juger par eux-mêmes », note-t-il. Il encourage une lecture critique des articles et une analyse approfondie des documents pour éviter les interprétations partiales.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés les médias lorsqu’ils couvrent des sujets juridiques complexes. Elle rappelle aussi l’importance de l’équilibre et de la rigueur dans le traitement de l’information.