Une plainte collective contre Nintendo
Deux clients de Nintendo, Gregory Hoffert (Californie) et Prashant Sharan (Washington), ont déposé une plainte collective contre le géant japonais du jeu vidéo. Leur objectif : récupérer les remboursements de droits de douane que Nintendo pourrait obtenir auprès des autorités américaines.
Dans un dossier déposé mardi devant le tribunal fédéral du district ouest de Washington, les plaignants demandent à la justice d'obliger Nintendo à redistribuer les fonds perçus via le portail de remboursement des droits de douane, ouvert récemment par les douanes américaines.
Contexte : des droits de douane jugés inconstitutionnels
En mars, Nintendo a engagé des poursuites contre le gouvernement américain après qu'un tribunal ait jugé inconstitutionnels les droits de douane imposés par l'administration Trump en vertu de l'International Emergency Economic Powers Act de 1977. Des milliers d'entreprises ont suivi cette voie avant que les douanes ne mettent en place un système simplifié de remboursement.
Nintendo, comme d'autres fabricants, avait augmenté ses prix pour absorber les coûts des droits de douane, notamment sur des produits fabriqués dans des pays fortement touchés. Cependant, la société n'a pas encore précisé comment elle comptait utiliser les fonds récupérés.
Des accusations de profit indu
Les avocats des plaignants estiment que Nintendo a déjà compensé les pertes liées aux droits de douane en répercutant ces coûts sur les consommateurs. « Nintendo pourrait bénéficier d'un enrichissement sans cause : elle a déjà récupéré les coûts via des prix majorés, et cherche maintenant à récupérer ces mêmes paiements illégaux auprès du gouvernement », affirment-ils dans leur plainte.
Les tarifs douaniers ont été instaurés juste avant le lancement des précommandes de la Switch 2. Bien que les précommandes aient été retardées, le prix de la console est resté inchangé, mais Nintendo a augmenté celui de certains accessoires et de la Switch originale.
Des performances financières solides malgré les tarifs
Les avocats soulignent que Nintendo a enregistré des « résultats financiers forts, voire en amélioration » pendant la période des tarifs. En mai, le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa, avait confirmé que les prévisions de ventes ne seraient pas affectées par les droits de douane ou les problèmes de production, avec un objectif de 15 millions d'unités vendues pour l'exercice fiscal. Pourtant, en février, l'entreprise avait déjà écoulé près de 18 millions de Switch 2.
Furukawa avait également admis que les tarifs avaient un « impact négatif de plusieurs dizaines de milliards de yens » sur les bénéfices, sans pour autant freiner les ventes.
Une procédure en attente de validation
En tant que plainte collective, cette affaire doit d'abord être validée par un juge avant de pouvoir avancer. Les avocats des plaignants estiment que le groupe concerné pourrait compter des centaines de milliers, voire des millions de personnes.
Cette action s'inscrit dans une tendance plus large : d'autres entreprises, comme Costco, sont déjà poursuivies par leurs clients pour des raisons similaires.