La Cour suprême des États-Unis a infligé un revers majeur aux démocrates en affaiblissant le Voting Rights Act, une loi historique luttant contre la discrimination raciale dans les élections. Les élus démocrates qualifient cette décision de « coup dévastateur », susceptible de leur coûter plusieurs sièges sûrs dans le Sud profond.

Un revers immédiat pour les démocrates

Dans une décision rendue à six contre trois, la Cour suprême a jugé que les nouvelles cartes électorales de la Louisiane, créant deux districts à majorité noire, constituaient un « gerrymandering racial inconstitutionnel ». Cette décision renforce le pouvoir des États républicains pour redessiner les circonscriptions en fonction de critères partisans, au détriment des minorités.

Selon les analystes, cette décision pourrait priver les démocrates d’au moins quelques sièges « sûrs » à la Chambre des représentants, compliquant ainsi leurs efforts pour reprendre le contrôle de la chambre basse en novembre. Les pertes pourraient s’étendre au-delà de 2026, avec des États du Sud comme l’Alabama, le Mississippi ou le Tennessee tentés de morceler les districts à majorité noire, traditionnellement favorables aux démocrates.

Réactions indignées des élus démocrates

Plusieurs responsables politiques ont vivement réagi à cette décision. La représentante Yvette Clarke (D-NY), présidente du Caucus noir du Congrès, a déclaré : « C’est dévastateur. Un coup dévastateur. » L’ancienne présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (D-CA), s’est contentée d’un laconique : « Ce n’est pas une bonne nouvelle. »

D’autres élus, comme les représentantes Joyce Beatty (D-OH) et Terri Sewell (D-AL), ont également dénoncé un « cadeau » fait à Donald Trump et aux républicains, qu’ils accusent de vouloir « supprimer le droit de vote ». « Aujourd’hui, la Cour suprême a porté un coup dévastateur à la démocratie », a déclaré Derrick Johnson, président de la NAACP, dans un communiqué.

Terri Sewell, qui représente un district majoritairement noir en Alabama, a prévenu : « Je m’attends absolument à ce que la législature contrôlée par les républicains tente de me retirer de mon siège cette année. » Elle a ajouté : « Cette décision ouvre la porte à tous les États républicains pour redessiner leurs cartes électorales avant les prochaines élections, dans un but purement partisan. »

Un obstacle supplémentaire pour les démocrates

Alors que certains élus conservent un espoir de victoire en novembre, cette décision représente un obstacle de taille. La représentante Becca Balint (D-VT) a reconnu que la décision était « démoralisante », mais a ajouté : « Je pense que nous sommes toujours dans une bonne position. Je pense que nous sommes toujours en tête. »

La présidente du Comité national démocrate pour la campagne congressionnelle, Suzan DelBene (D-WA), a réaffirmé dans un communiqué : « Les démocrates restent prêts à reprendre la majorité à la Chambre en novembre. »

Quelles suites pour les démocrates ?

Face à cette décision, les démocrates promettent de se battre, mais leurs options restent limitées. Joyce Beatty a indiqué que les élus prévoyaient de relancer le projet de loi John Lewis Voting Rights Act, visant à renforcer la protection des droits électoraux. Cependant, ce texte a peu de chances d’avancer avec un Congrès contrôlé par les républicains.

En attendant, les États du Sud pourraient accélérer la redéfinition de leurs cartes électorales, dans un contexte déjà marqué par des tensions autour du droit de vote. Une bataille juridique et politique s’annonce, avec des conséquences potentielles pour les élections de 2024 et au-delà.

Source : Axios