Une escalade aux allures de guerre froide
Le conflit entre l'Iran et les États-Unis a basculé dans une phase de tensions persistantes, marquée par des sanctions économiques, des interdictions maritimes et des négociations en suspens. Une situation qui rappelle les heures les plus sombres de la guerre froide.
Pourquoi cette impasse est-elle préoccupante ?
Les experts s'accordent à dire que cette stalemate n'a pas de fin prévisible. Les prix de l'énergie devraient donc rester élevés pendant plusieurs mois, tandis que le risque d'une escalade militaire plane en permanence.
Les craintes d'un conflit gelé
Plusieurs responsables américains ont confié à Axios leur inquiétude face à l'éventualité d'un conflit gelé : ni guerre, ni accord. Une situation qui contraindrait les États-Unis à maintenir leurs forces dans la région, avec des conséquences économiques et politiques majeures.
« Une guerre froide est la pire issue pour Trump, à six mois des élections de mi-mandat », a déclaré une source proche du président. « Cela nuirait à son bilan économique et politique. »
Trump entre deux feux : frappe militaire ou sanctions renforcées
Selon cinq conseillers ayant échangé avec le président, Donald Trump hésite entre deux options : lancer de nouvelles frappes militaires ou poursuivre sa stratégie de « pression maximale » via des sanctions économiques pour pousser l'Iran à négocier sur son programme nucléaire.
« Tout ce que [les dirigeants iraniens] comprennent, ce sont les bombes », aurait déclaré Trump à l'un de ses conseillers, qui a relayé cette confidence à Axios.
« Je le décrirais comme frustré mais réaliste. Il ne veut pas recourir à la force, mais il ne cédera pas. »
Les divisions au sein de l'administration Trump
Certains conseillers proches de Trump prônent le maintien du blocus du détroit d'Ormuz et l'intensification des sanctions économiques avant d'envisager une action militaire.
« Les sanctions contre l'Iran sont déjà extraordinaires, la pression est sans précédent. Nous pouvons encore accentuer la pression », a déclaré Marco Rubio, secrétaire d'État et conseiller à la sécurité nationale, lors d'une interview sur Fox News.
« J'espère que le reste du monde se joindra à nous pour imposer des sanctions paralysantes et d'autres mesures afin de contraindre ce régime à faire des concessions qu'il refuse catégoriquement. »
Les faucons poussent à une action militaire
En parallèle, Trump consulte des figures extérieures à l'administration, comme le chroniqueur du Washington Post Marc Thiessen, le général à la retraite Jack Keane et le sénateur Lindsey Graham. Tous lui recommandent de recourir à la force pour briser l'impasse.
« Monsieur le Président, tenez bon pour le bien de la nation et du monde. Le problème, c'est le régime iranien et son comportement, pas vous », a écrit Graham sur X, exhortant Trump à rejeter la dernière proposition de l'Iran.
L'offre iranienne rejetée pour l'instant
Lors d'une réunion avec son équipe de sécurité nationale, Trump a examiné une proposition iranienne visant à négocier un accord secondaire pour rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus américain. Selon des sources informées, aucune décision n'a été prise. L'une d'elles a révélé que Trump semblait peu enclin à accepter cette offre, car elle repousserait les négociations sur le programme nucléaire iranien.