Le retour de Louis C.K. sur le devant de la scène, mardi soir au Hollywood Bowl, a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient : le vent a tourné en sa faveur. Après les accusations de harcèlement sexuel en 2017, qui avaient entraîné sa chute médiatique, le comique semble désormais « réhabilité » aux yeux d’une partie du public. Son intégration tardive au Netflix Is a Joke Festival, annoncée le mois dernier, a suscité la surprise chez les critiques mais l’enthousiasme de ses supporters, restés fidèles malgré deux spectacles indépendants publiés sans intermédiaire.
Netflix a officialisé cette semaine son partenariat renouvelé avec C.K. Robbie Praw, responsable des contenus comiques chez Netflix, a défendu cette collaboration dans une interview accordée à Variety. Malgré les accusations de masturbation devant des collègues féminines, le géant du streaming justifie son choix par la popularité persistante du comique et la qualité de ses productions récentes. « Quand nos abonnés ouvrent Netflix, ils choisissent ce qu’ils veulent regarder. Nous leur offrons simplement une option », a-t-il déclaré.
Si C.K. était conscient de l’ampleur de son retour médiatique en montant sur scène, il n’en a rien laissé paraître. Son spectacle d’une heure, rodé lors d’une tournée et filmé en novembre au Beacon Theater de New York, reprenait les mêmes blagues, dans une mise en scène sobre mais efficace. Le décor, baigné de lumières rouges Netflix, et la scénographie géante « Netflix Is a Joke Fest » à gauche de la scène, suffisaient à rappeler le soutien de la plateforme.
À la fin de son set, C.K. a brièvement évoqué cette renaissance à travers les ovations debout du public. « Ce fut mon dernier spectacle, la dernière fois que je racontais ces blagues. Je suis ravi de les avoir partagées avec vous », a-t-il déclaré. « Merci à vous, merci à Netflix. J’apprécie énormément cette opportunité. »
Son numéro final, long de neuf minutes, a oscillé entre une réflexion sur les relations amoureuses avec des femmes de son âge et une provocation calculée sur l’obsession masculine pour les « presque majeures », qu’il a comparée à une forme de pédophilie déguisée (« Vous frôlez l’horreur absolue, mais vous ne l’atteignez pas ! »). Ces thèmes, caractéristiques de son style passé, n’ont pas manqué de diviser : certains spectateurs ont trouvé son humour trop centré sur les fonctions corporelles, évoquant des scènes de crackers nappés de sperme ou de tortures testiculaires, tandis que d’autres, conquis, célébraient le retour de leur idole.
« C’est le meilleur humoriste vivant », a glissé un spectateur à côté de nous, résumant l’opinion d’une partie du public. Entre nostalgie et polémiques, Louis C.K. prouve que le scandale n’a pas effacé son talent – ou du moins, ce que ses fans veulent bien en retenir.