Une enquête fédérale ciblant EZ Lynk

Le département de la Justice des États-Unis (DOJ) a sommé Apple et Google de fournir les données personnelles d’au moins 100 000 utilisateurs ayant téléchargé l’application EZ Lynk Auto Agent. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large sur des allégations de contournement des normes d’émissions automobiles, selon lesquelles EZ Lynk aurait aidé ses clients à modifier leurs véhicules pour violer le Clean Air Act.

Des préoccupations majeures sur la vie privée

Cette demande du DOJ soulève d’importantes questions sur la protection des données personnelles. Dans une lettre conjointe adressée au tribunal, EZ Lynk et le DOJ ont exposé leurs positions. EZ Lynk conteste la légitimité des assignations, arguant que les informations demandées dépassent largement les besoins de l’enquête. Les avocats de l’entreprise estiment que l’identification des utilisateurs n’est pas nécessaire pour établir les faits.

« Ces demandes de données personnelles, potentiellement pour des centaines de milliers de personnes, vont bien au-delà des besoins de cette affaire et soulèvent de graves préoccupations en matière de vie privée », ont écrit les avocats d’EZ Lynk. « Investiguer cette allégation ne nécessite pas d’identifier chaque personne ayant utilisé le produit. »

Le DOJ, de son côté, affirme que les utilisateurs ayant accepté les conditions générales d’EZ Lynk « n’ont plus d’intérêt légitime en matière de vie privée concernant ces informations ».

D’autres entreprises visées par des assignations

Outre Apple et Google, le DOJ a également ordonné à Walmart et Amazon de fournir les noms et adresses des personnes ayant acheté le matériel EZ Lynk Auto Agent.

Un outil controversé aux usages multiples

L’application EZ Lynk Auto Agent est principalement utilisée pour diagnostiquer les véhicules via le port OBDII. Cependant, certains conducteurs l’exploitent pour contourner les systèmes de contrôle des émissions, comme le reflashage de l’unité de contrôle moteur après avoir retiré le filtre à particules ou le système de recirculation des gaz d’échappement. Bien que certains utilisateurs l’emploient à des fins illégales, l’outil est également commercialisé auprès des mécaniciens et des gestionnaires de flottes pour des diagnostics légitimes.

Un contraste avec la politique de l’EPA

Cette action du DOJ intervient alors que l’Environmental Protection Agency (EPA) a récemment assoupli ses mesures d’application. Depuis 2023, l’agence a indiqué que les dispositifs de contournement des émissions n’étaient plus une priorité. Elle a même annoncé qu’elle ne poursuivrait plus les infractions liées au piratage des systèmes OBDII sur le plan pénal. En 2024, le président Donald Trump a même gracie un ajusteur diesel condamné pour avoir retiré des composants d’émissions des camions.

Pourtant, le conflit entre le DOJ et EZ Lynk persiste, malgré ce changement de cap de l’EPA.

Réactions et enjeux

« Ces demandes de données personnelles, potentiellement pour des centaines de milliers de personnes, vont bien au-delà des besoins de cette affaire et soulèvent de graves préoccupations en matière de vie privée. »

— Avocats d’EZ Lynk

Les défenseurs des droits des consommateurs s’interrogent sur la nécessité pour le DOJ de collecter des identités, adresses et historiques d’achat, alors que les informations techniques pourraient suffire à mener l’enquête.

Pour aller plus loin

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Source : The Drive