Le 20 janvier 2021, dès son premier jour à la présidence, Joe Biden a annulé le permis clé du projet Keystone XL. Ce pipeline devait acheminer du pétrole issu des sables bitumineux canadiens vers les États-Unis. Cette décision avait été saluée par les défenseurs de l’environnement comme un geste fort en faveur du climat.
Cinq ans plus tard, une famille de magnats du pétrole du Wyoming relance une version allégée de ce projet controversé. L’administration Trump vient d’accorder un permis présidentiel pour la « Bridger Expansion », un oléoduc qui pourrait transporter du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’à un hub pétrolier du centre du Wyoming, sur 1 041 kilomètres. De là, le pétrole pourrait être redistribué vers des raffineries situées jusqu’au golfe du Mexique.
« Un peu différent de l’administration précédente », a déclaré Donald Trump jeudi dernier à la Maison-Blanche lors de la signature du permis. « Eux, ils ne signaient pas de contrats pour des pipelines. Nous, nous en signons. » Ce permis présidentiel autorise officiellement le transport de pétrole à travers les frontières internationales. Il s’agit de la dernière étape en date d’un calendrier accéléré pour ce projet de pipeline controversé.
Le mois dernier, le Bureau of Land Management (BLM) a annoncé le lancement d’une revue environnementale accélérée pour ce projet. L’administration Trump a en effet réduit les délais des procédures d’évaluation environnementale pour les constructions de pipelines.
Bridger Pipeline, la société à l’origine du projet, prévoit de commencer les travaux dès l’année prochaine et de mettre en service l’oléoduc en 2028. Ce pipeline pourrait transporter au moins 550 000 barils de pétrole brut par jour, soit environ deux tiers de la capacité initiale de Keystone XL. Mais sa capacité pourrait être portée à plus d’un million de barils par jour, dépassant ainsi le projet original.
La similitude du tracé de ce nouvel oléoduc avec celui de Keystone XL a valu au projet le surnom de « Keystone Light ». La partie canadienne du pipeline serait construite par South Bow, une filiale de TC Energy, l’entreprise derrière le projet Keystone XL initial.
Ce projet s’inscrit dans une série de grands développements fossiles portés par Donald Trump lors de son second mandat. Il intervient alors que la production pétrolière en Alberta est en hausse et que les prix du brut explosent en raison des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran.
Le projet est porté par la famille True, une dynastie d’hommes d’affaires du secteur pétrolier, implantée depuis des générations dans les Rocheuses. Leur entreprise, Bridger Pipeline, a déjà été impliquée dans plusieurs déversements de pétrole dans la région.
« Nous savons qu’il existe une capacité limitée pour transporter le pétrole brut canadien, et nous avons une expérience approfondie des montagnes Rocheuses. »
— Bill Salvin, porte-parole de Bridger Pipeline