Des profits records pour Shell, mais des prix exorbitants pour les automobilistes

Shell a annoncé des bénéfices ajustés de 6,9 milliards de dollars pour le premier trimestre 2026, soit plus du double des 3,3 milliards enregistrés au quatrième trimestre 2025. Une performance financière exceptionnelle qui contraste fortement avec la hausse des prix du carburant, désormais à 4,56 $ le gallon en moyenne nationale aux États-Unis. Le diesel, quant à lui, frôle son record historique à 5,67 $, soit seulement 14 cents de moins que son sommet.

Il y a un an, le prix de l’essence était de 3,15 $ le gallon. Cette augmentation de 33 % en un an pèse lourdement sur le budget des ménages, tandis que les géants pétroliers, comme Shell, engrangent des profits colossaux.

Une hausse des bénéfices liée aux tensions géopolitiques

Le PDG de Shell, Wael Sawan, a évoqué une « perturbation sans précédent des marchés énergétiques mondiaux », en grande partie attribuée à la guerre en Iran. Bien que l’impact direct de ce conflit sur les résultats du premier trimestre reste limité – Shell ne produisant que 20 % de son pétrole et gaz dans la région –, les prix de l’énergie ont rapidement flambé dès l’escalade des tensions fin février.

Malgré ces défis, Shell a lancé un programme de rachat d’actions de 3 milliards de dollars et augmenté son dividende de 5 %, offrant 0,39 $ par action à ses actionnaires. Pourtant, l’action de l’entreprise a chuté de 3,4 % en Bourse, les investisseurs semblant moins enthousiastes que les profits record.

Colère des consommateurs et des écologistes

Face à cette situation, la colère gronde. Sur les réseaux sociaux et dans la rue, les consommateurs dénoncent des marges jugées indécentes, tandis que les associations environnementales accusent les majors pétrolières de profiter des crises pour s’enrichir.

« Shell double ses profits depuis le début de la guerre illégale de Trump contre l’Iran. Ils s’enrichissent pendant que des milliers de personnes meurent, une région entière est déstabilisée et les factures d’énergie explosent. »

— Greenpeace Royaume-Uni

L’organisation a projeté ce message sur le siège londonien de Shell, qualifiant l’entreprise et ses concurrents de « profiteurs de guerre ». Greenpeace appelle à une taxation accrue des bénéfices des géants pétroliers pour soutenir les ménages touchés par la crise du coût de la vie et les conséquences du changement climatique.

Un contexte géopolitique explosif

Bien que la guerre en Iran n’ait officiellement débuté que le 28 février, ses répercussions sur les marchés énergétiques ont été immédiates. Les prix du pétrole ont bondi et restent élevés, alimentant une inflation persistante et des tensions sociales.

Alors que Shell célèbre ses résultats, la question de la répartition des richesses et de la responsabilité des entreprises dans la crise énergétique et climatique reste au cœur des débats.

Source : CarScoops