Donald Trump a organisé lundi une réunion triomphale avec plus d’une centaine de chefs d’entreprise dans l’aile Est de la Maison-Blanche. Selon lui, son retour à la présidence aurait engendré une « croissance record ». Les baisses d’impôts et la réduction des réglementations prévues par le One Big Beautiful Bill Act, texte phare de son second mandat, seraient déjà un succès retentissant. L’économie américaine, a-t-il affirmé, serait en pleine expansion, voire « historique ».
Cependant, ses propres alliés ont rapidement tempéré cet optimisme. Selon des sources anonymes citées par Politico, le simple fait de vanter la santé économique du pays ne suffira pas à garantir une victoire aux élections de mi-mandat. « Tout le monde est réaliste : conserver la Chambre des représentants sera extrêmement difficile », a déclaré l’un d’eux. « Chaque jour de guerre supplémentaire, chaque jour où le prix de l’essence reste proche de cinq dollars, rend cette tâche encore moins probable. »
Cette analyse reflète une réalité économique préoccupante. Grâce à la guerre en Iran, le prix moyen du gallon d’essence aux États-Unis atteint désormais près de 4,50 dollars, contre environ 3,15 dollars il y a un an. Dans certains États du Midwest et de la côte Ouest, il dépasse même les cinq dollars. Cette hausse s’ajoute aux répercussions des tarifs douaniers imposés par Trump, dont certains ont été invalidés par la Cour suprême, mais qui continuent de peser sur les prix.
Le président, pris au piège dans un conflit iranien qu’il peine à résoudre, a annoncé dimanche un projet baptisé « Project Freedom ». Son objectif ? Faciliter le passage des quelque 1 550 navires bloqués dans le golfe Persique, notamment dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique que l’Iran a partiellement fermée après le début des bombardements américains fin février. Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a même évoqué mardi la mise en place d’un « dôme rouge, blanc et bleu » au-dessus du détroit. Pourtant, aucune augmentation significative du trafic maritime n’a été observée.
Seuls deux destroyers de la marine américaine ont franchi le détroit lundi, et seulement quelques navires bloqués avaient réussi à passer mardi. Une situation qui explique peut-être l’annonce, mardi soir, de la suspension du Project Freedom. Résultat : le prix du baril de pétrole reste supérieur à 100 dollars, contre 60 dollars il y a un an. Même si le détroit rouvrait partiellement et que les cours du pétrole baissaient, les prix à la pompe ne suivraient que très lentement. Comme l’a souligné The New York Times début avril, « dans l’industrie énergétique, on dit que le prix de l’essence monte comme une fusée, mais redescend comme une plume ».
Le détroit d’Ormuz n’est d’ailleurs pas le seul problème d’approvisionnement. Le conflit a également perturbé les chaînes logistiques mondiales, aggravant une crise économique déjà fragilisée par les tensions commerciales et les politiques protectionnistes de l’administration Trump.