Washington — Donald Trump renforce son emprise sur le Parti républicain en orchestrant une série d’interventions musclées dans les primaires, une stratégie visant à éviter l’épuisement des ressources du parti et les fractures internes avant les élections de mi-mandat, réputées périlleuses pour les républicains.

Selon des responsables républicains, si le GOP parvient contre toute attente à conserver le contrôle du Congrès cet automne, l’influence décisive de Trump dans le choix des candidats sera l’un des principaux facteurs de cette victoire. Jamais un président n’avait autant pesé dans les primaires : il a apporté son soutien à 95 % des 217 membres de la conférence républicaine à la Chambre des représentants, dont 43 candidats dans les 60 circonscriptions les plus disputées, selon le Cook Political Report. Il a également endorsed près des deux tiers des candidats républicains au Sénat.

Pendant ce temps, les démocrates, bien que favoris pour remporter des sièges, subissent des primaires coûteuses et divisives qui risquent d’affaiblir leurs candidats avant le scrutin général.

Des méthodes brutales et des choix stratégiques

Les tactiques musclées de Trump se sont illustrées la semaine dernière, lorsqu’il a demandé à Nate Morris, candidat au Sénat du Kentucky, de se retirer. Morris, ami de Donald Trump Jr. et soutenu par l’activiste conservateur Charlie Kirk avant son décès l’an dernier, a cédé sous la pression. Trump a alors annoncé son intention de soutenir le représentant Andy Barr et, une fois Morris hors course, a promis de lui offrir un poste d’ambassadeur.

Un scénario similaire s’est produit en mars, lorsque Trump a retiré son soutien à Hope Scheppelman, candidate en primaire contre le représentant Jeff Hurd dans le Colorado. Estimant que Hurd avait de meilleures chances de l’emporter au scrutin général, Trump a convaincu Scheppelman de se désister. Elle a ensuite rejoint l’administration Trump.

Ces interventions laissent parfois des rancœurs. En 2023, Trump avait poussé le représentant du Michigan, Bill Huizenga, à renoncer à une primaire sénatoriale face à son collègue Mike Rogers. Huizenga a finalement choisi de ne pas se présenter, mais n’a pas caché son mécontentement.

Une stratégie calculée depuis 2021

Selon une personne proche de la Maison-Blanche, Trump a décidé dès le début de son mandat d’adopter un rôle actif dans les primaires. Son objectif : soutenir précocement les sortants vulnérables, estimant que plus il attendait, plus ces derniers seraient exposés à des défis internes coûteux.

Mais cette approche comportait un risque : en endorsant des candidats dès les premiers mois de son mandat, Trump perdait un levier essentiel pour obtenir le soutien des élus sur des textes législatifs clés.

Les soutiens et les critiques

« Le président et son équipe politique méritent plus de reconnaissance pour avoir façonné ce paysage électoral », déclare Chris Winkelman, président du Congressional Leadership Fund, un comité d’action politique conservateur. « Leur engagement précoce permet à nos candidats dans les batailles les plus difficiles de se concentrer sur l’essentiel : battre les démocrates. »

Pourtant, les choix de Trump ne font pas l’unanimité au sein de la base MAGA. Après son endorsement en faveur d’Andy Barr, un conservateur a écrit sur X : « C’est pour ça qu’on dit que le MAGA est mort. Tout ce que le MAGA combat, Andy Barr le soutient. »

Cependant, Trump a parfois choisi de ne pas s’immiscer dans certaines primaires, comme celle du Sénat au Texas, où les sénateurs John Cornyn et Ted Cruz s’affrontent sans son intervention.

Source : Axios