Un juge fédéral américain a bloqué une partie clé de la stratégie juridique de Donald Trump dans sa tentative de poursuivre le Wall Street Journal pour diffamation. Le juge Darrin Gayles, du tribunal de district des États-Unis, a statué mercredi que Trump ne pouvait pas utiliser la procédure de découverte (discovery) pour prouver la « malveillance réelle » du journal, qualifiant cette démarche d’« impropre ».

Dans son ordonnance, le juge Gayles a expliqué que permettre à Trump de recueillir des preuves sur la malveillance réelle, après l’échec de sa première plainte, reviendrait à encourager une « procédure coûteuse et infondée », exactement ce que la Cour d’appel du onzième circuit a mis en garde contre. « Ainsi, autoriser le président Trump à mener une discovery sur la malveillance réelle, alors que sa tentative initiale de plaider une diffamation était insuffisante, équivaudrait à encourager ce type de litige », a-t-il écrit.

Trump a engagé des poursuites contre le Wall Street Journal en juillet 2025. Il accusait le quotidien d’avoir diffamé en publiant un article affirmant qu’il avait remis une lettre et un dessin explicite dans un album d’anniversaire pour Jeffrey Epstein. Trump contestait cette information, la qualifiant de fausse. En avril, le juge Gayles avait déjà rejeté la plainte initiale, estimant que Trump n’avait pas démontré de manière plausible que le journal avait agi avec une « malveillance réelle ». Cependant, il avait autorisé Trump à déposer une version amendée de sa plainte, ce qu’il a fait.

Mais aujourd’hui, Trump se voit refuser l’accès à la phase de découverte pour rassembler des preuves contre le journal. Le juge a toutefois laissé la porte ouverte à un nouveau dépôt de plainte modifiée. Les chances de succès semblent cependant très faibles, d’autant plus que la Commission de surveillance de la Chambre des représentants a publié en septembre des documents liés à Epstein, incluant l’album d’anniversaire avec le dessin attribué à Trump.

Cette semaine, l’administration Trump a également ordonné une assignation à comparaître contre des journalistes du Wall Street Journal, les accusant de fuites liées au Département de la Défense concernant la guerre en Iran. Le directeur de Dow Jones, maison mère du journal, a dénoncé une « attaque contre la collecte d’informations protégée par la Constitution ».

Les attaques répétées de Trump contre le Wall Street Journal et d’autres médias critiques à son égard soulèvent des questions sur le respect de la liberté de la presse. Ses poursuites, jugées infondées, visent à intimider les journalistes et à discréditer des informations défavorables.