La Cour suprême de l'Oklahoma a rendu sa décision mardi dans l'affaire State ex rel. Oklahoma Bar Ass'n v. Barlean, confirmant la radiation de l'avocat Daniel Barlean. L'opinion, rédigée par le juge Kuehn, révèle un parcours judiciaire marqué par des violences conjugales et un mépris des obligations légales.
Le 5 janvier 2023, Barlean a plaidé coupable pour deux délits de violences conjugales envers une femme avec laquelle il entretenait une relation. Les faits remontent à deux incidents distincts :
- Août 2021 : Barlean aurait étranglé sa compagne jusqu'à ce qu'elle lui remette les clés de sa voiture, entraînant une arrestation pour un crime initialement qualifié de felony.
- Décembre 2022 : Alors qu'il était libéré sous caution, il l'a poussée dans un escalier, lui causant une blessure au bras. Arrêté à nouveau, il a été inculpé pour un délit.
Dans le cadre d'un accord de plaider-coupable, la qualification de crime a été réduite à un délit. Barlean a accepté une probation supervisée incluant des obligations strictes : versement de dommages et intérêts, travaux d'intérêt général, participation à un programme de gestion de la colère, une évaluation et un traitement éventuel pour l'alcool et la drogue. Il n'a cependant pas respecté ces conditions.
Le 30 septembre 2024, l'État a demandé l'accélération de sa peine différée. Le 22 novembre 2024, Barlean a plaidé non coupable à cette motion, mais les deux chefs d'accusation ont finalement été requalifiés en condamnations, assorties d'une amende.
Le 20 mai 2024, la Cour avait ordonné une suspension provisoire de Barlean, lui demandant de justifier pourquoi une sanction définitive ne devrait pas être prononcée. Dans sa réponse, il a invoqué une arrestation et une incarcération en juin 2021, qu'il jugeait illégales, comme cause de sa « descente aux enfers ». Il a également produit une plainte civile pour droits civiques déposée devant un tribunal fédéral, dans laquelle il accusait la victime de ses problèmes. Barlean a également prétendu avoir peu pratiqué le droit en Oklahoma et avoir pris sa retraite dans les années 2010, suggérant que toute sanction disciplinaire serait inutile.
La Cour a rejeté ces arguments, rappelant que les violences conjugales constituent une violation grave des obligations éthiques d'un avocat. Les faits établis montrent que Barlean a eu recours à la violence à deux reprises, à plusieurs mois d'intervalle, la seconde fois alors qu'il était déjà sous le coup d'une inculpation pour le premier incident. Malgré l'opportunité offerte par sa peine différée, il a échoué à respecter les conditions qu'il avait lui-même acceptées.
Ces éléments, combinés à son mépris des règles, ont conduit la Cour à conclure que sa radiation était justifiée, indépendamment de son activité professionnelle passée.