Un projet pharaonique devenu un gouffre financier

Un centre de détention pour migrants, unique en son genre, situé dans les Everglades en Floride, pourrait bientôt fermer ses portes. Selon un responsable fédéral cité par The New York Times, l’État de Floride peine à assumer les coûts de fonctionnement de ce site, surnommé 'Alligator Alcatraz'.

Malgré des accusations de conditions inhumaines, des violations des lois environnementales et des manquements aux procédures légales, le centre a continué de fonctionner. Cependant, son avenir est désormais menacé par l’absence de financement fédéral, pourtant promis. Des discussions entre les autorités floridiennes et l’administration Trump sont en cours, mais le département de la Sécurité intérieure (DHS) a déjà conclu que les dépenses étaient trop élevées pour justifier sa poursuite.

Des coûts explosifs et des promesses non tenues

Ouvert l’été dernier sur un terrain de 77 km² près de Miami, le centre devait initialement servir de solution temporaire et économique pour détenir jusqu’à 5 000 migrants. Le coût annuel prévu s’élevait à 450 millions de dollars, entièrement avancé par la Floride, qui comptait sur un remboursement par le DHS. Le projet avait même reçu le soutien du président Donald Trump, qui l’avait visité lors de son inauguration.

Les premières estimations tablaient sur un financement fédéral de 625 millions de dollars, issus du programme d’urgence de la FEMA. Pourtant, dès les premières semaines d’exploitation, les dépenses ont atteint 608,4 millions de dollars pour seulement quelques jours de fonctionnement. Aujourd’hui, avec près de 1 400 détenus sur place, l’État peine à couvrir les coûts en attendant le remboursement promis.

Un modèle condamné par son isolement

L’emplacement isolé du centre, censé garantir une sécurité optimale à moindre coût, rappelle celui de l’ancienne prison d’Alcatraz. Pourtant, comme son prédécesseur, Alligator Alcatraz souffre des mêmes faiblesses : l’éloignement rend la logistique extrêmement coûteuse, notamment pour l’approvisionnement en nourriture et en eau. Une situation qui a déjà précipité la fermeture d’Alcatraz en 1963.

Les responsables fédéraux semblent désormais partager cette analyse. Bien que les raisons exactes du retard dans le versement des fonds restent floues, l’inadéquation entre les promesses et la réalité du projet est évidente. Pour les contribuables, cette fermeture pourrait s’avérer une bonne nouvelle, mais elle ne dissuadera probablement pas l’administration Trump de poursuivre ses politiques migratoires strictes.

« Ce centre était présenté comme une solution temporaire et économique, mais il est devenu un gouffre financier sans équivalent. »

Source : Reason