Un tribunal fédéral d'appel a invalidé mercredi la politique de détention obligatoire imposée par l'administration Trump, marquant un nouveau revers pour la politique migratoire controversée de l'exécutif.

La décision, rendue par le 11e circuit de Miami, intervient après que deux autres cours d'appel fédérales aient également rejeté cette mesure, tandis que deux autres l'ont soutenue. Une cinquième cour s'est prononcée à égalité.

Origine et conséquences de la politique

Cette affaire découle d'une réinterprétation par le gouvernement d'une loi de 1996, qui définissait les migrants devant être placés en détention et ceux éligibles à une libération sous caution. Depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle interprétation l'an dernier, toute personne entrée illégalement aux États-Unis est systématiquement détenue par l'ICE sans possibilité de libération conditionnelle, indépendamment de la durée de son séjour sur le territoire.

Cette politique a contribué à l'augmentation du nombre de détenus dans les centres de l'ICE, atteignant un pic de plus de 70 000 personnes plus tôt cette année.

Arguments juridiques et réactions

Dans son arrêt, le juge Stanley Marcus a souligné que la loi ne conférait pas au pouvoir exécutif le droit de détenir sans possibilité de libération tout migrant présent illégalement sur le sol américain. « En termes simples, le langage choisi par le Congrès ne donne pas à l'Exécutif le pouvoir absolu de détenir, sans possibilité de libération, tout étranger non admis présent dans le pays », a-t-il écrit. « Aucun texte, structure ou historique de la loi sur l'immigration n'étaye cette interprétation. »

Selon une analyse de Politico, des centaines de tribunaux fédéraux ont déjà statué contre cette politique de détention obligatoire, les migrants ayant recours à des recours d'habeas corpus pour obtenir leur libération.

Perspectives et prochaines étapes

Les divergences entre les cours d'appel suggèrent que la Cour suprême sera probablement amenée à trancher sur la légalité de cette politique. Le ministère de la Justice n'a pas encore réagi aux demandes de commentaires formulées en fin de journée mercredi.

Source : Axios