Démission surprise d'une députée démocrate en Floride

Sheila Cherfilus-McCormick, députée démocrate de Floride, a annoncé mardi sa démission de la Chambre des représentants. Son départ intervient quelques heures seulement avant l'annonce prévue de sanctions par le Comité d'éthique de la Chambre, qui l'accusait d'avoir détourné 5 millions de dollars de fonds de relance COVID-19.

Détournement de fonds et dépenses somptuaires

Selon les accusations, Cherfilus-McCormick aurait utilisé ces fonds fédéraux, attribués par la FEMA, pour financer sa campagne électorale. Elle aurait également acheté des articles de luxe à titre personnel, dont une bague en diamant. Le Comité d'éthique a retenu 25 violations éthiques à son encontre et elle fait face à 15 chefs d'accusation fédéraux.

Une défense contestée et des accusations de « chasse aux sorcières »

Dans un communiqué publié sur X (ex-Twitter), la députée a dénoncé un processus qu'elle jugeait injuste. Elle a critiqué le refus du comité d'accorder plus de temps à son nouveau avocat pour préparer sa défense, affirmant que ses droits à un procès équitable avaient été bafoués.

« En poursuivant cette procédure alors qu'une mise en accusation criminelle est en cours, le Comité m'a empêchée de me défendre. Je ne peux pas prétendre que cela n'a pas été une chasse aux sorcières. Je ne peux pas laisser mes droits à une procédure régulière être piétinés, ni ma réputation souillée », a-t-elle déclaré.

Troisième démission en une semaine au Congrès

Cherfilus-McCormick est la troisième membre du Congrès à démissionner en une semaine. Elle est précédée par Eric Swalwell, également démocrate, accusé de harcèlement sexuel, et Tony Gonzales, républicain, impliqué dans des échanges de messages explicites avec d'anciennes collaboratrices, dont l'une s'est suicidée après une relation avec lui.

Une tentative de pardon auprès de Trump

Avant sa démission, Cherfilus-McCormick avait tenté d'obtenir un pardon présidentiel. Elle avait approché Donald Trump lors d'une réception de Noël à la Maison-Blanche en décembre. Deux autres républicains, Nancy Mace et Greg Steube, avaient demandé son expulsion. Mace et Cory Mills, également sous enquête éthique, ont pour l'instant résisté aux appels à la démission.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes au sein du Congrès américain, où les questions d'éthique et de transparence restent au cœur des débats.