L’ombre de Denzel Washington plane toujours sur *Man on Fire*. Dans le remake de 2004, l’acteur avait incarné John Creasy avec une intensité inoubliable, laissant peu de place à une réinterprétation. Pourtant, Yahya Abdul-Mateen II relève le défi avec brio dans la nouvelle adaptation en série pour Netflix, diffusée depuis le 16 avril.
Abdul-Mateen, révélé il y a dix ans dans *The Get Down* sur Netflix, puis couronné d’un Emmy en 2020 pour son rôle de Doctor Manhattan dans *Watchmen*, a déjà prouvé sa polyvalence. Son interprétation de Simon Williams dans *Wonder Man* (Marvel/Disney+) a confirmé son statut de star montante. Mais cette fois, il doit aussi porter une production où il endosse pour la première fois le rôle d’exécutif producteur.
L’intrigue, transposée du Mexique à Rio de Janeiro, offre un cadre radicalement différent. Le Brésil, avec ses favelas colorées et son ambiance électrique, devient le terrain de jeu de Creasy. Si le personnage conserve la même base psychologique – un homme brisé par la dépression et l’anxiété sociale –, Abdul-Mateen dispose de sept épisodes pour affiner sa performance, loin de la pression d’un film unique.
Contrairement aux deux adaptations cinématographiques précédentes, où Creasy devait protéger une enfant, ici, il est chargé de veiller sur Poe Rayburn, une adolescente interprétée par Billie Boullet. Le changement d’âge de Poe (15 ans au lieu de 9 ou 10 ans) modifie la dynamique du récit. Son père, Paul (Bobby Cannavale), l’a fait venir au Brésil après une tentative de suicide de Creasy, sans imaginer l’impact que ce dernier aurait sur sa fille.
Dès leur arrivée, Poe exprime son mécontentement face à ce déménagement forcé. Pourtant, elle découvre progressivement que c’est la famille qui fait un lieu de vie, et non le pays. Leur relation évolue alors qu’ils sont traqués par une menace inconnue. Creasy doit alors surmonter ses démons pour mobiliser ses compétences de mercenaire et les protéger tous les deux.
Dans ce pays étranger, la méfiance est de mise. Heureusement, Paul a prévu un allié : Valeria, une conductrice aussi rusée que charismatique, jouée par Alice Braga, star de *Queen of the South*. Son personnage ouvre les portes des favelas, où se mêlent nouveaux alliés et dangers. Parmi eux, Livro (Jefferson Baptista), un jeune intellectuel qui se lie d’amitié avec Poe, mais dont le frère, impliqué dans des activités criminelles, pourrait mettre sa sécurité en péril.
Cette réinvention de *Man on Fire* mise sur une narration plus lente et immersive, loin de l’action frénétique des films. Les sept épisodes permettent d’explorer les personnages avec une profondeur inédite, tout en offrant à Abdul-Mateen l’opportunité de laisser son empreinte sur un mythe du cinéma.