Une crise des engrais aggravée par les politiques commerciales
La flambée des prix des engrais, provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz, met en difficulté les agriculteurs américains. Selon un récent sondage de la Farm Bureau, 70 % des producteurs déclarent ne pas pouvoir acheter la quantité nécessaire pour cette année. Le président Donald Trump a annoncé surveiller de près ces hausses pour éviter toute spéculation.
Un passé de lobbyiste aux conséquences actuelles
Pourtant, le représentant commercial de Trump, Jamieson Greer, a joué un rôle clé dans la hausse des prix. Avant de rejoindre l'administration, il a milité pour des tarifs douaniers sur les engrais importés, au nom de la société J.R. Simplot. Ces mesures, adoptées en 2021, ont fait grimper les prix de 16 % à 47 %, malgré les avertissements des agriculteurs sur les risques de pénuries.
Greer a défendu ces tarifs devant la Commission du commerce international (ITC) en 2021, affirmant que les importations avaient causé un « déclin marqué des prix », nuisant aux revenus de Simplot. Son implication dans cette affaire est documentée : il a même représenté l'entreprise en justice pour contester les recours contre ces tarifs.
Un conflit d'intérêts sous les projecteurs
Son lien avec Simplot est clairement indiqué dans ses déclarations financières publiques. Lors de sa nomination, son CV mettait en avant son rôle dans l'imposition de ces tarifs : « Il a dirigé la participation réussie de J.R. Simplot dans les enquêtes sur les droits compensateurs concernant les engrais phosphatés en provenance de Russie et du Maroc. »
Des tarifs douaniers aux effets dévastateurs
Les conséquences de ces politiques se font aujourd'hui sentir. Deux entreprises, Simplot et Mosaic Co., contrôlent 90 % du marché américain des engrais. Mosaic a dépensé plus de 800 000 dollars par an en lobbying entre 2017 et 2023, selon les registres officiels. Susie Wiles, actuelle cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, a également œuvré pour Mosaic durant cette période.
« La crise des engrais est un désastre économique imminent. »
Brooke Rollins, secrétaire à l'Agriculture
Une situation aggravée par les tensions géopolitiques
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite 30 % de l'approvisionnement mondial en engrais, reste un point de tension majeur. La fermeture de cette route maritime, due aux conflits régionaux, a exacerbé la crise. Pourtant, les tarifs douaniers imposés sous l'administration Trump ont limité l'accès aux alternatives, aggravant la pénurie.
Alors que l'administration Trump cherche des solutions, les agriculteurs subissent de plein fouet les répercussions de ces décisions passées.