Un juge fédéral de Floride a bloqué la tentative de Donald Trump d’obtenir des preuves sur la prétendue malveillance du Wall Street Journal dans une affaire de diffamation liée à un article évoquant son lien avec Jeffrey Epstein.

Dans une décision rendue mercredi, le juge Darrin Gayles du tribunal de district sud de la Floride (S.D. Fla.) a rejeté la demande de Trump visant à autoriser une découverte limitée (phase d’enquête préliminaire) sur trois points :

  • La manière dont les défendeurs auraient agi avec « malveillance avérée » ;
  • Leur prétendue « évitement délibéré de la vérité » dans les affirmations publiées ;
  • Les modalités d’obtention et de vérification de la lettre incriminée, incluant la signature de Trump.

Cette décision intervient après le rejet, en avril 2026, de la plainte initiale de Trump pour défaut de plausibilité dans l’allégation de malveillance. Le juge avait alors souligné que la découverte de preuves ne peut servir à « fabriquer un dossier » lorsque la plainte initiale est insuffisante.

Pourquoi la découverte de preuves a été refusée ?

Le tribunal a rappelé que la norme de la « malveillance avérée » (standard de New York Times v. Sullivan, 1964) vise à protéger la liberté de la presse. Autoriser une telle découverte dans ce cas équivaudrait à imposer aux médias des coûts prohibitifs pour des poursuites sans fondement, risquant de museler le débat public.

« Les portes de la découverte ne s’ouvrent pas pour un plaignant qui ne dispose que de conclusions sans preuves tangibles. »

Les juges ont également cité l’arrêt Michel v. NYP Holdings (11e circuit, 2016), rappelant que le standard de la malveillance avérée offre aux éditeurs un « espace vital » pour un journalisme robuste sans craindre des poursuites abusives.

Contexte de l’affaire

En juillet 2025, Trump avait déposé une plainte pour diffamation contre le Wall Street Journal après la publication d’un article suggérant un lien entre lui et Jeffrey Epstein, condamné pour trafic sexuel. Le tribunal avait rejeté la plainte en avril 2026, faute d’avoir démontré une malveillance avérée de la part du journal.

Les avocats des défendeurs sont représentés par des cabinets spécialisés, dont Davis Wright Tremaine LLP, Dechert LLP et Gunster Yoakley Stewart, P.A.

Source : Reason