Une étude récente révèle un lien troublant entre les habitudes médiatiques et les croyances vaccinales. Les personnes qui suivent régulièrement des médias d'extrême droite, comme Breitbart, Newsmax ou Zero Hedge, seraient plus de deux fois plus susceptibles d'être réticentes aux vaccins que celles qui ne s'informent pas dans ces sources.

Menée par des chercheurs de l'Université Johns Hopkins, cette étude a interrogé près de 3 000 adultes américains en août 2025, alors que les États-Unis faisaient face à une résurgence historique de la rougeole, avec plus de 2 000 cas signalés dans 43 États. La maladie, déclarée éradiquée en 2000, touche désormais principalement des personnes non vaccinées.

Les résultats, publiés dans la revue Vaccine, montrent que les adultes réticents aux vaccins s'appuient davantage sur des sources non autoritaires pour leurs informations médicales. Parmi elles figurent des prestataires de santé alternatifs, des influenceurs en ligne spécialisés dans la santé, ou encore des newsletters comme Children’s Health Defense.

Des profils distincts chez les personnes hésitantes

Les chercheurs ont identifié plusieurs caractéristiques communes chez les adultes réticents :

  • Ils sont majoritairement plus jeunes, avec 62 % âgés de moins de 44 ans.
  • Ils sont plus susceptibles d'être parents.
  • Ils appartiennent plus souvent à des minorités raciales, ont un revenu plus faible et un niveau d'éducation inférieur.
  • Ils affichent des convictions politiques plus conservatrices, avec 39 % s'identifiant comme républicains et 33 % comme indépendants.
  • Ils sont plus enclins à adhérer au mouvement Make America Healthy Again (MAHA), avec 43 % contre 27 % chez les non-réticents.

La réticence vaccinale ne semble pas liée à une méconnaissance des médias en général. En effet, 87 % des participants déclarent suivre l'actualité, et presque tous consultent des sources variées quotidiennement. Cependant, c'est la nature de ces sources qui fait la différence.

Un contexte épidémiologique alarmant

Cette étude intervient dans un contexte où les taux de vaccination aux États-Unis ont chuté depuis la pandémie de COVID-19. La couverture vaccinale contre la rougeole chez les enfants scolarisés stagne à 93 %, bien en dessous du seuil de 95 % nécessaire pour garantir une immunité collective et limiter la propagation de la maladie.

« Nos travaux révèlent une association forte entre les habitudes médiatiques des individus et leurs attitudes envers la vaccination », explique Lauren Gardner, directrice du Centre des sciences et de l'ingénierie des systèmes de Johns Hopkins et auteure principale de l'étude. « Dans un monde où tout le monde s'informe en ligne, le choix des sources et la manière de s'informer ont un impact majeur. »

« Les résultats suggèrent que la désinformation et les biais politiques dans les médias peuvent avoir des conséquences directes sur la santé publique. »
Lauren Gardner, Université Johns Hopkins

Cette étude souligne l'importance de promouvoir des sources d'information fiables et de lutter contre la désinformation, alors que les épidémies de maladies évitables resurgissent aux États-Unis.