Avec cinq titres du Grand Chelem et plus de dix ans en tête du classement des sportives les mieux rémunérées au monde, Maria Sharapova a marqué l’histoire du tennis. Pourtant, la Russe de 37 ans considère que sa plus grande compétition se joue désormais hors des courts. Dans son deuxième acte professionnel, elle s’impose comme investisseuse, entrepreneure et animatrice de podcast, partageant les défis d’un monde qu’elle n’avait pas anticipé.
Lors d’un entretien avec Robert Safian, ancien rédacteur en chef de Fast Company et animateur de l’émission Rapid Response, Sharapova a évoqué les coulisses de sa transition vers le business. Voici les moments clés de leur échange.
Les débuts précoces et l’apprentissage des affaires
À seulement 17 ans, Sharapova remporte Wimbledon en 2004, son premier titre du Grand Chelem. Dès ce jour, elle comprend l’importance de la stratégie commerciale. « Dès la sortie de la voiture pour le bal de Wimbledon, mon manager, qui l’est toujours aujourd’hui, m’a dit : ‘Ce soir, il n’y aura pas un objectif qui ne t’aimera pas.’ Il fallait en profiter. »
Quelques jours plus tard, elle retourne en Californie pour reprendre l’entraînement intensif. Pourtant, dans l’intervalle, elle signe un nouveau contrat avec Nike et un partenariat avec Motorola pour promouvoir le Razr, un téléphone révolutionnaire. « Mon manager m’a expliqué : ‘Prends ce contrat, même s’il n’est pas très lucratif. Ton visage apparaîtra sur des panneaux publicitaires dans le monde entier, et cela ouvrira d’autres portes.’ » Une leçon qui a marqué le début de sa carrière entrepreneuriale.
Les échecs et les leçons de l’entrepreneuriat
Sharapova a aussi connu des revers. Elle a lancé une marque de bonbons, Sugarpova, avant de la fermer. « Créer une entreprise, c’est comme jouer un match de tennis : il faut accepter de perdre des points pour en gagner d’autres. » Elle admet avoir sous-estimé les défis logistiques et financiers, mais ces expériences lui ont appris la résilience.
Un autre moment marquant ? Les négociations avec Nike. « Mon père m’a conseillé d’être présente dans la salle, même si je ne comprenais pas tous les détails. ‘Ton visage dans cette pièce compte. Ils ne pourront pas te proposer un contrat moins avantageux si tu es là.’ » Une stratégie qui a porté ses fruits.
Le podcast et les conseils aux entrepreneurs
Depuis 2020, Sharapova anime Sporty Spokes, un podcast où elle interviewe des athlètes et des personnalités du monde des affaires. « Le sport enseigne des valeurs universelles : la discipline, la persévérance, la gestion de l’échec. Ces compétences sont transférables dans le business. »
Pour elle, l’entrepreneuriat exige une préparation rigoureuse. « On ne peut pas se contenter de talent. Il faut étudier le marché, comprendre les tendances et s’entourer des bonnes personnes. » Elle cite l’exemple de son partenariat avec Tinder, où elle a dû négocier des clauses spécifiques pour protéger ses intérêts.
L’avenir : investissements et mentorat
Aujourd’hui, Sharapova se concentre sur les investissements, notamment dans les startups et les projets durables. « Je veux soutenir des entreprises qui ont un impact positif, tout en apprenant moi-même. » Elle encourage les jeunes entrepreneurs à « oser prendre des risques, mais avec une stratégie claire ».
Son parcours prouve qu’une carrière sportive peut se transformer en succès entrepreneurial. « Le tennis m’a appris à gérer la pression. Aujourd’hui, je l’applique aux affaires. »