Washington — Jerome Powell a confirmé, mercredi, qu’il comptait rester membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed) après la fin de son mandat de président, prévue le mois prochain. Il n’a pas précisé la durée de son maintien, évoquant une période « à déterminer ».

Cette annonce intervient alors que l’administration Trump multiplie les pressions et les attaques juridiques contre l’institution, mettant en péril son indépendance. « Je m’inquiète de voir ces attaques saper cette institution et menacer des éléments essentiels pour le public », a déclaré Powell lors d’une conférence de presse, après que la Fed a décidé de maintenir inchangé son taux directeur pour la troisième fois consécutive.

Cette décision historique marque la première fois depuis 1948 qu’un président de la Fed reste au conseil des gouverneurs après son mandat. Elle prive Donald Trump de l’opportunité de nommer un nouveau membre à la direction de la banque centrale, composée de sept gouverneurs.

Le Sénat avait déjà approuvé, à une voix près, la nomination de Kevin Warsh, proche de Trump, pour succéder à Powell à la présidence de la Fed. Si Warsh est confirmé, il occupera le siège actuellement détenu par Stephen Miran, dont le mandat a pris fin en janvier. Powell, lui, pourrait rester jusqu’en janvier 2028.

Selon les économistes, cette présence prolongée de Powell pourrait ralentir les projets de baisses de taux réclamées par Trump et défendues par Warsh l’an dernier. « Cela signifie probablement que Warsh mettra plus de temps à construire le consensus nécessaire », a estimé David Seif, économiste en chef pour les marchés développés chez Nomura.

Par ailleurs, l’enquête sur les rénovations controversées du siège de la Fed à Washington a connu un nouveau rebondissement. L’avocate générale du district de Columbia, Jeanine Pirro, a annoncé sur X (ex-Twitter) que son bureau mettait fin à son enquête, laissant place à un examen par l’inspecteur général de la Fed. Elle a toutefois précisé que l’enquête pourrait être rouverte si « les faits le justifient ». Pirro avait également indiqué qu’elle ferait appel d’un jugement ayant annulé les assignations à comparaître émises par son bureau.

Powell a assuré avoir reçu l’assurance du département de la Justice que cet appel ne rouvrirait pas l’enquête, sauf si l’inspection interne de la Fed révélait des preuves d’activités criminelles. Malgré cela, le président de la Fed a exprimé son besoin de clarté : « J’attends que l’enquête soit définitivement close, avec transparence. Je partirai quand je jugerai que c’est approprié. »

Lors de sa réunion de deux jours, la Fed a maintenu son taux directeur inchangé, comme attendu. Elle a cependant laissé entrevoir la possibilité de baisses de taux dans les mois à venir. Cette décision a suscité le plus grand nombre de dissensions depuis octobre 1992, avec trois gouverneurs favorables à la suppression de toute mention d’une future baisse, et un quatrième, Stephen Miran, plaidant pour une réduction immédiate des taux. Ces dissensions reflètent les divisions au sein du comité de politique monétaire de la Fed, à quelques semaines de la fin du mandat de Powell.

Dans son communiqué, la Fed a évoqué « l’incertitude économique élevée » liée aux tensions au Moyen-Orient, tout en soulignant que l’inflation reste élevée, bien qu’en baisse.