Des candidats mis en cause pour des paris sur leur propre élection

Trois candidats au Congrès américain ont été suspendus et condamnés à une amende par la plateforme de prédiction Kalshi pour avoir parié sur l’issue de leur propre élection. Selon un communiqué publié mercredi, ces candidats ont été exclus de la plateforme pour une durée de cinq ans.

Des sanctions liées à des paris sur leur propre campagne

Kalshi a révélé les noms des candidats concernés : Mark Moran, candidat indépendant à un siège au Sénat américain en Virginie ; Ezekiel Enriquez, qui a participé à une primaire républicaine au Texas pour un siège à la Chambre des représentants ; et Matt Klein, sénateur démocrate du Minnesota candidat à un siège à la Chambre.

Klein et Enriquez ont chacun placé des paris de moins de 100 dollars sur leur propre candidature. Moran a quant à lui déclaré sur les réseaux sociaux avoir « parié 100 dollars sur lui-même ».

Un contexte de régulation renforcée

Ces sanctions surviennent alors que les marchés de prédiction, comme Kalshi et Polymarket, font l’objet d’une attention accrue du Congrès américain. Des législateurs ont proposé des lois plus strictes pour encadrer ces plateformes où les utilisateurs peuvent parier de l’argent sur divers événements, y compris des élections.

En mars, après l’annonce de projets de loi menaçant leur existence, Kalshi et Polymarket ont renforcé leurs règles, notamment en interdisant aux candidats politiques de parier sur leur propre campagne.

Des amendes et suspensions inégales

Moran, qui a refusé de signer un accord avec Kalshi, a écopé de la sanction la plus lourde : une amende de plus de 6 200 dollars. Klein et Enriquez, qui ont accepté des accords, ont respectivement été condamnés à des amendes de plus de 530 et 780 dollars. Tous trois ont été suspendus pour cinq ans.

Certains élus, comme le représentant démocrate Mike Levin, ont critiqué la sévérité des sanctions. Sur les réseaux sociaux, il a qualifié ces mesures de « simple contravention » et non d’une véritable punition.

Les réactions des candidats concernés

Contrairement à Klein et Enriquez, Moran n’a pas contesté les faits. Il a expliqué avoir placé ces paris pour attirer l’attention sur l’influence des plateformes comme Kalshi sur les élections. Il a également affirmé avoir demandé à ce que son nom apparaisse sur le site de la plateforme.

Selon lui, le montant de son amende est plus élevé car il a refusé de signer un accord exigeant qu’il publie un communiqué sur X (ex-Twitter). Moran a déclaré que cette action avait atteint son objectif : « Quand je mets les gens en colère, quand je les dérange et que je capte leur attention, c’est là qu’ils commencent à m’écouter. »

Klein a également reconnu les faits dans un message publié sur les réseaux sociaux. Il a expliqué avoir placé un pari de 50 dollars en octobre, sa première utilisation d’un marché de prédiction, par simple curiosité. « C’était une erreur et je m’en excuse », a-t-il écrit, ajoutant que cette expérience lui avait montré la nécessité d’une régulation plus stricte de ces marchés.

Un débat sur la régulation des marchés de prédiction

Ces sanctions interviennent dans un contexte où les marchés de prédiction, bien que populaires, suscitent des interrogations sur leur transparence et leur impact sur la démocratie. Certains craignent que ces plateformes ne deviennent des outils de manipulation ou de désinformation.

Kalshi et Polymarket, deux des principaux acteurs du secteur, ont déjà mis en place des règles pour limiter les abus, mais les législateurs américains continuent d’examiner la nécessité d’une régulation plus stricte.

Des accords sans implication de la CFTC

Les accords conclus entre Kalshi et les candidats ne concernent pas la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’organisme de régulation des marchés de prédiction. Cette agence, dirigée par Michael Selig, est perçue comme plutôt favorable à l’industrie en plein essor.