Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi qu’il augmenterait dès la semaine prochaine les droits de douane sur les voitures et camions en provenance de l’Union européenne à 25 %, une mesure susceptible de perturber davantage une économie mondiale déjà fragile.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Trump a accusé l’UE de ne pas respecter un accord commercial « pleinement convenu », sans préciser les manquements reprochés. Cet accord, conclu en juillet 2023 avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prévoyait un plafond tarifaire de 15 % sur la plupart des biens. Cependant, la Cour suprême américaine a invalidé en début d’année l’autorité légale dont s’était servi Trump pour imposer ces taxes, le contraignant à rechercher d’autres fondements juridiques.
L’administration Trump a ainsi instauré un tarif de 10 % en attendant d’évaluer les déséquilibres commerciaux et les enjeux de sécurité nationale pour justifier de nouvelles hausses. Ces mesures surviennent alors que le conflit en Iran pèse sur l’économie mondiale, avec une croissance ralentie et une inflation en hausse, alimentée par la flambée des prix de l’énergie après la fermeture partielle du détroit d’Ormuz à la suite des frappes américaines et israéliennes fin février.
Parallèlement, Trump fait face à une pression politique croissante aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, en raison d’une inflation persistante. Le républicain, qui avait fait de la maîtrise des prix une promesse centrale de sa campagne, voit son taux d’approbation sur la gestion économique chuter à seulement 30 % selon un récent sondage Associated Press-NORC.
L’accord commercial, surnommé « Turnberry Agreement » en référence au golf écossais de Trump, était censé préserver le cadre des échanges entre les deux blocs. Pourtant, son avenir est désormais incertain après la décision de la Cour suprême, qui a jugé illégale la déclaration d’urgence économique utilisée par Trump pour imposer ces tarifs. Les nouvelles mesures pourraient même mettre en péril l’accord lui-même, bien que la Commission européenne ait récemment souligné une amélioration des relations transatlantiques.
L’UE estimait que l’accord permettrait aux constructeurs automobiles européens d’économiser entre 500 et 600 millions d’euros par mois. En 2024, les échanges commerciaux de biens et services entre les États-Unis et l’UE ont atteint 1,7 billion d’euros, soit une moyenne de 4,6 milliards d’euros par jour, selon les données d’Eurostat.
La Commission européenne a réagi en février en rappelant que « un accord est un accord », après l’annulation par la Cour suprême des tarifs initiaux.