Le président américain Donald Trump intensifie sa campagne pour inciter le président israélien Isaac Herzog à gracier Benjamin Netanyahu. Dans une interview accordée à Axios, Trump a déclaré que Herzog pourrait devenir un « héros national » s’il accédait à cette demande.

Pourquoi c’est important ? Lors d’un entretien téléphonique mardi soir, Netanyahu aurait évoqué son procès pour corruption avec Trump, qui lui aurait répondu : « En pleine guerre ? Arrêtez ! » avant d’ajouter que Netanyahu devait comparaître à nouveau devant le tribunal mercredi, au lieu de se concentrer sur la menace iranienne.

Le contexte de l’appel : C’est Trump qui a abordé le sujet de la grâce pendant l’entretien avec Axios. Après des mois de critiques répétées envers Herzog, il a adopté un ton plus conciliant : « J’aime bien ce type, Herzog, a-t-il déclaré. Il sera un héros national s’il gracie Bibi. Je l’apprécierais énormément. »

Trump a également minimisé les charges retenues contre Netanyahu, les qualifiant de « vin et cigares » (parmi les accusations, qui sont niées par Netanyahu, figurent des allégations de réception de cadeaux en échange de faveurs politiques). « Bibi est un Premier ministre en temps de guerre. Il ne peut pas avoir ce procès qui pèse sur lui », a-t-il ajouté.

Une demande récurrente depuis un an

Trump milite pour une grâce de Netanyahu depuis juin 2023, qualifiant son procès pour corruption – en cours depuis 2020 – de « chasse aux sorcières », comparable à ses propres démêlés judiciaires aux États-Unis.

Une telle décision pourrait effectivement faire de Herzog un héros aux yeux d’une partie de l’électorat israélien, mais elle susciterait une forte opposition chez d’autres. Les Israéliens sont appelés aux urnes en octobre. En cas de défaite de Netanyahu, les risques qu’il finisse en prison augmenteraient considérablement.

Négociations en cours, mais obstacles majeurs

Cette semaine, Herzog a convié les avocats de Netanyahu, le procureur général et le procureur d’État à une réunion afin d’envisager un accord de plaider-coupable dans l’affaire du Premier ministre. Herzog a précisé qu’il ne prendrait aucune décision concernant une grâce avant l’épuisement des négociations.

Trump, dans l’interview, a estimé que Netanyahu « ne peut pas accepter » un accord et qu’il a besoin d’une grâce totale.

Les conditions d’une grâce en Israël : Netanyahu refuse catégoriquement d’admettre sa culpabilité ou de manifester des regrets, deux conditions essentielles pour obtenir une grâce selon la loi israélienne. Les chances d’un accord semblent également faibles, car cela impliquerait probablement qu’il plaide coupable à des charges pouvant l’empêcher d’exercer une fonction publique pendant plusieurs années.

Netanyahu, peu enclin à quitter la vie politique, et la poursuite refusant de se contenter de charges mineures, les obstacles à un compromis restent importants.

Un revirement surprenant de Trump

En mars, Trump avait qualifié Herzog de « honte pour Israël » pour ne pas avoir gracie Netanyahu. Dans une autre interview, il l’avait traité de « faible et pathétique ». Les raisons de ce changement de ton restent floues. Un haut responsable israélien a émis l’hypothèse que Trump aurait réalisé que ses attaques ne fonctionnaient pas, ou que Netanyahu lui-même aurait suggéré cette nouvelle approche.

Source : Axios