Un travailleur de la construction en Alabama, Leo Garcia Venegas, a été arrêté pour la troisième fois par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) le 2 mai 2025, alors qu’il est citoyen américain. Selon les documents judiciaires, cette arrestation survient alors qu’il est le plaignant principal dans une action collective contre le Department of Homeland Security (DHS) pour ses pratiques d’immigration jugées illégales.
Dans une déclaration sous serment déposée le 4 mai devant un tribunal fédéral, Venegas affirme avoir été interpellé alors qu’il se trouvait dans son véhicule devant sa résidence à Silverhill, en Alabama. Deux agents de l’ICE, arrivés dans un SUV non marqué, l’auraient bloqué sur place avant de l’extraire de son camion et de le menotter, sans lui laisser le temps de présenter son permis de conduire REAL ID, pourtant valide et prouvant sa citoyenneté.
Cette troisième arrestation en moins d’un an soulève des questions sur les méthodes employées par l’ICE. Venegas avait déjà été détenu à deux reprises en 2025 lors de descentes dans des chantiers de construction où il travaillait, malgré la présentation de documents attestant de son statut légal. L’Institute for Justice, un cabinet d’avocats spécialisé dans les libertés individuelles, a engagé une action collective en octobre 2024 au nom de Venegas et d’autres travailleurs, accusant le DHS de mener des « rafles discriminatoires » ciblant les Latinos sans motif valable.
Selon les plaignants, les agents de l’ICE agissent en violation des principes constitutionnels, procédant à des arrestations sans suspicion individuelle préalable, contrairement aux directives de la Cour suprême. Jared McClain, avocat de l’Institute for Justice, déclare :
« Cette troisième arrestation prouve que les agents fédéraux appliquent les lois sur l’immigration de manière inconstitutionnelle, comme nous l’avons allégué dans notre plainte. C’est une logique d’‘arrestation d’abord, questions ensuite’, et non des contrôles ciblés basés sur des soupçons individuels. »
Dans sa déclaration, Venegas précise qu’il utilisait depuis fin avril le camion de son frère, dont les plaques étaient encore à son nom, son propre véhicule étant en panne. Malgré ses tentatives pour prouver sa citoyenneté, les agents n’auraient même pas examiné son REAL ID, un document officiel réservé aux résidents légaux aux États-Unis. Il décrit ainsi son interpellation :
« Sans me poser la moindre question ni émettre d’ordre légal, les agents m’ont sorti de mon véhicule, m’ont plaqué au sol et m’ont menotté, y compris aux jambes. Ils n’ont pas daigné écouter lorsque je leur ai affirmé être citoyen américain, ni même regarder mon Alabama Star ID, pourtant valide. »
Venegas affirme avoir été détenu et menotté pendant environ quinze minutes avant que son identité ne soit finalement vérifiée grâce à la technologie du DHS. Aucune question sur son identité ou sa citoyenneté ne lui aurait été posée avant son arrestation physique.