Un juge fédéral de Californie a rendu une décision majeure dans l’affaire Button v. Lopresti, confirmant que des propos tenus en ligne, même sous forme de commentaire informel, peuvent être considérés comme diffamatoires s’ils portent atteinte à la réputation de leurs cibles.
Dans son arrêt rendu hier, le juge Dana Sabraw (district sud de Californie) a accepté les allégations du Amended Complaint comme étant plausibles pour rejeter une demande de rejet de la plainte. Les plaignants, Dusty Button, danseuse de ballet mondialement connue, et son frère Mitchell Button, entrepreneur dans l’automobile, accusent un internaute d’avoir publié des propos diffamatoires à leur encontre sur Instagram.
Les deux personnalités, qui cumulaient près d’un demi-million d’abonnés sur les réseaux sociaux, avaient supprimé leurs comptes en 2021 en raison de cyberharcèlement et de harcèlement en ligne sévères.
En juillet 2021, les Button ont été poursuivis dans le cadre d’une action civile de 131 millions de dollars dans le Nevada (Nevada Lawsuit). Cette affaire, largement médiatisée – notamment dans l’émission Good Morning America –, concernait des allégations d’agressions sexuelles. Les plaignants n’ont jamais été arrêtés, inculpés ou emprisonnés dans ce cadre.
Le 6 janvier 2025, les Button ont déposé une motion pour jugement sommaire dans cette affaire du Nevada. Une version expurgée de ce document a été publiée sur leur compte Instagram dédié, @WeTheButtons, visant à rétablir les faits. Un internaute, identifié comme le défendeur dans cette nouvelle procédure, a suivi ce compte avant de publier un commentaire sous une photo partagée par un tiers, @trail.huntr, illustrant le travail automobile de Mitchell Button.
Dans ce commentaire, l’internaute affirmait que les Button étaient « enfermés pour des trucs dégueulasses » et que « c’est une honte qu’ils ne soient pas des gens bien ». Ce message, partagé plus de 322 fois, a été vu par des centaines de milliers d’utilisateurs. Les plaignants allèguent que l’auteur du commentaire savait pertinemment que ces propos étaient faux et qu’il les a publiés avec l’intention de nuire à leur réputation et à leurs relations professionnelles.
Selon eux, ces déclarations ont encouragé d’autres internautes à propager de fausses informations, comme un follower qui a accusé les Button de trafic d’êtres humains. Après que les Button aient contesté ces accusations, le défendeur a supprimé ses commentaires et les a bloqués sur les réseaux sociaux.
Les plaignants estiment que ces propos ont causé des dommages irréparables à leur carrière, leur réputation, leur santé mentale et leurs opportunités professionnelles. Ils affirment continuer de subir les conséquences de ces allégations infondées.
Dans sa défense, le défendeur a invoqué le statut de personnalité publique des Button, arguant que pour être considéré comme diffamatoire, il fallait prouver une intention malveillante (actual malice). Le tribunal a cependant estimé que, même en supposant que les Button soient des personnalités publiques, les allégations du Amended Complaint étaient suffisamment plausibles pour justifier la poursuite de l’affaire.