Une ouverture inattendue sur la suspension de la taxe sur l'essence
Le secrétaire à l'Énergie américain, Chris Wright, a déclaré dimanche que l'administration Trump était « ouverte » à l'idée de suspendre temporairement la taxe fédérale sur l'essence, alors que les prix à la pompe atteignent des niveaux records.
Cette annonce marque un changement de position de la Maison-Blanche, qui avait précédemment indiqué que cette mesure n'était « pas à l'étude ». Les propos de Wright interviennent dans un contexte de forte pression politique, alors que les prix de l'essence ont atteint leur plus haut niveau en quatre ans aux États-Unis.
Des prix records et une réponse politique
Selon les données de l'AAA, le prix moyen de l'essence régulière aux États-Unis s'élevait à 4,52 dollars le gallon dimanche, contre moins de 3 dollars au début du conflit en Ukraine. Cette hausse est directement liée à la perturbation des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Interrogé sur l'émission Meet the Press de NBC, Wright a déclaré : « Nous sommes ouverts à toutes les idées pour réduire les coûts pour les consommateurs et les entreprises. » Cependant, il a ajouté que « tout a un prix », soulignant les compromis nécessaires dans une telle décision.
Une mesure soutenue par certains démocrates
Plusieurs élus démocrates, dont le sénateur Mark Kelly (Arizona), ont proposé des projets de loi visant à suspendre temporairement la taxe fédérale sur l'essence. Pourtant, cette mesure reste controversée, car elle priverait le Fonds routier fédéral de ses principales recettes, estimées à 18,3 cents par gallon pour l'essence et 24,3 cents pour le diesel.
Ces taxes financent l'entretien des routes, des ponts et des infrastructures de transport aux États-Unis. Leur suspension nécessiterait une action du Congrès, bien que l'administration Trump ait souvent eu recours aux décrets présidentiels pour agir de manière unilatérale.
Un impact limité face à la crise énergétique
Malgré les discussions en cours, les experts estiment qu'une suspension totale de la taxe ne réduirait les prix à la pompe que de 10 à 16 cents par gallon, selon une analyse du Bipartisan Policy Center. Cette mesure serait donc insuffisante pour compenser la hausse de plus de 1,50 dollar observée depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le gouvernement américain a déjà pris plusieurs initiatives pour tenter d'atténuer la crise, comme le déblocage de réserves stratégiques de pétrole ou la levée temporaire de la loi Jones Act pour faciliter le transport de carburant. Cependant, ces mesures n'ont qu'un impact limité, car les prix de l'essence restent indexés sur les cours mondiaux du pétrole.
Un enjeu politique avant les élections de mi-mandat
Les responsables de l'administration Trump testent actuellement des arguments sur les prix de l'énergie, alors que les élections de mi-mandat approchent. Wright a souligné les risques à long terme d'un Iran nucléaire, tout en reconnaissant les « perturbations à court terme » causées par la guerre en Ukraine.
« Nous devons faire ce compromis, ou nous aurons une menace à long terme pour la paix dans la région, pour l'approvisionnement énergétique et pour les Américains », a-t-il déclaré sur l'émission Face the Nation de CBS.
« Une suspension de la taxe sur l'essence ne suffira pas à résoudre la crise actuelle, mais elle envoie un signal politique fort en période de forte inflation. »