Un tribunal fédéral de Virginie a statué hier que les méthodes utilisées par l’organisation O’Keefe Media Group (OMG), dirigée par le militant conservateur James O’Keefe, ne constituaient pas une « torture » au sens juridique, dans l’affaire opposant Fseisi, un consultant en sécurité des systèmes d’information pour des agences gouvernementales, à OMG.

Dans sa plainte, Fseisi alléguait que James O’Keefe, connu pour ses opérations d’infiltration et ses enregistrements clandestins, avait orchestré une opération visant à discréditer des personnalités ou institutions en publiant des déclarations compromettantes. Selon les faits rapportés, l’homme aurait été piégé lors de deux rendez-vous galants en avril 2024 avec une employée d’OMG, se faisant passer pour une militante libérale.

Lors de ces rencontres organisées via l’application de rencontre Bumble, la complice de James O’Keefe aurait questionné Fseisi sur ses activités professionnelles, notamment sur d’éventuelles surveillances ou rétentions d’informations concernant l’ex-président Donald Trump. Fseisi aurait répondu que « tout était possible » et que certaines agences, comme la CIA ou la NSA, « auraient pu » surveiller Trump, sans pour autant confirmer des faits précis.

Lors du deuxième rendez-vous, Fseisi aurait remarqué un appareil d’enregistrement dans le sac de son interlocutrice et l’aurait confrontée à ce sujet. Celle-ci aurait nié, refusé de lui montrer son sac et quitté précipitamment le restaurant. Malgré cette suspicion, Fseisi aurait accepté une nouvelle rencontre à Washington, où il aurait été confronté par James O’Keefe et un caméraman.

En mai 2024, OMG a publié sur son site et ses réseaux sociaux des extraits des enregistrements, accompagnés de commentaires de James O’Keefe. Ces vidéos incluaient des déclarations de Fseisi, comme l’affirmation selon laquelle des informations auraient été « retenues » à l’encontre de Trump, impliquant d’anciens directeurs de la CIA (Gina Haspel et Mike Pompeo) et des membres de leur équipe. Fseisi allègue avoir subi des conséquences professionnelles, notamment la suspension de son habilitation de sécurité par une ou plusieurs agences fédérales, bien que la date exacte de cette mesure reste indéterminée.

Le juge Anthony Trenga, de la cour du district Est de Virginie, a estimé que les actions d’OMG ne remplissaient pas les critères de la « torture » au sens légal, rejetant ainsi la qualification retenue par Fseisi dans sa plainte.

Source : Reason