Un tribunal de Manhattan a rendu une décision majeure dans l’affaire Garlington c. Austin, bloquant la répétition d’accusations diffamatoires portées contre Erik Garlington, un musicien. Le juge Gerald Lebovits a statué mardi que ces allégations, incluant viol, agression sexuelle, trafic sexuel et meurtre en série, causaient un préjudice irréparable à la réputation et à la sécurité du plaignant.
Garlington accuse sa ex-épouse, Nicole Austin, et Mark Burstiner d’avoir créé un site web intitulé « Known Rapist Erik Garlington », publié une vidéo de six heures sur YouTube, et diffusé des messages diffamatoires sur les réseaux sociaux et par email à des organisateurs d’événements et contacts professionnels. Ces actions auraient entraîné des conséquences économiques et une atteinte grave à sa réputation.
Le juge Lebovits a souligné que ces accusations, sans aucun lien avec la carrière musicale de Garlington, visaient délibérément à nuire à sa réputation et à sa sécurité. Il a cité trois critères justifiant une restriction de la liberté d’expression :
- L’expression d’une intention claire de commettre un acte de violence illégale ;
- La participation à une conduite frauduleuse ou illégale ;
- Le risque de préjudice grave pour la réputation ou la vie privée.
Garlington, considéré comme une personne privée, n’a jamais cherché à attirer l’attention du public en dehors de son domaine artistique. Les accusations portées contre lui, notamment celles de crimes violents ou de prédation, n’ont aucun rapport avec sa carrière ou ses activités publiques. Le tribunal a donc estimé que ces déclarations ne relevaient pas d’un débat public légitime.
Cependant, le juge a précisé que certaines déclarations, comme celles concernant des litiges professionnels ou des accusations de plagiat dans le milieu musical, pourraient être protégées, car elles touchent au domaine où Garlington a cherché à se faire connaître. Ces propos ne seront donc pas soumis à une injonction.
Cette décision marque un tournant dans la protection des individus contre les diffamations graves et répétées, même en l’absence de malveillance avérée.