Un étudiant de l’Université Royal Holloway de Londres pourrait faire face à des charges pour crime de haine après avoir déclaré qu’un keffiyeh porté par une militante pro-palestinienne ressemblait à un « torchon ». L’incident s’est produit lors d’un événement organisé sur le campus, dans un climat déjà tendu entre les deux parties.

Brodie Mitchell, étudiant en troisième année et se décrivant comme un « sioniste non juif », affirme que la militante l’a d’abord insulté en l’appelant un « faux Juif » et en soulignant qu’il ne portait pas de kippah. Après cette altercation verbale, où les deux étudiants se sont mutuellement insultés, l’université a suspendu Mitchell pour une durée de neuf semaines.

Les autorités policières ont ensuite transmis le dossier aux procureurs, qui décideront des suites judiciaires à donner. Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression dans les universités britanniques, un sujet déjà sensible dans un contexte de polarisation accrue autour du conflit israélo-palestinien.

Contexte et réactions

L’incident s’inscrit dans une série de tensions récurrentes sur les campus britanniques, où les débats sur le conflit au Proche-Orient divisent souvent les étudiants. Les keffiyehs, symboles politiques pour certains, sont parfois perçus comme des objets du quotidien par d’autres, ce qui peut mener à des malentendus ou des interprétations divergentes.

Des associations étudiantes ont réagi à cette affaire, certains estimant que les propos de Mitchell pourraient relever de la stigmatisation, tandis que d’autres défendent son droit à exprimer une opinion, même controversée. L’université, de son côté, a indiqué avoir agi en conformité avec ses procédures disciplinaires.

Que dit la loi britannique ?

Au Royaume-Uni, les crimes de haine sont définis par la loi comme des infractions motivées par la haine envers une personne en raison de sa race, de sa religion, de son orientation sexuelle ou de son handicap. Dans ce cas précis, l’accusation repose sur l’interprétation des propos tenus et leur impact perçu sur la victime.

Les procureurs devront déterminer si les déclarations de Mitchell constituent une incitation à la haine ou simplement une provocation dans un contexte de débat politique. Cette affaire pourrait ainsi servir de précédent dans l’application des lois sur les crimes de haine dans les milieux universitaires.

« Les universités doivent trouver un équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la prévention des discours haineux. » — Expert en droit universitaire

Source : Reason